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Une école Montessori bilingue

Posted by on 22 décembre 2012

Le tour du monde des bilingues fait escale aujourd’hui en Alsace, où j’ai interviewé Madame Goetz, la présidente de l’association qui gère l’école bilingue Montessori de Hoerdt.

C’est une pédagogie que je ne connaissais que de nom mais qui est souvent associée à un bilinguisme précoce. J’ai donc voulu en savoir plus. L’interview est très intéressante car madame Goetz nous livre de précieuses informations pratiques pour les niveaux « jardin d’enfant » et « école primaire ».


Vous pouvez écouter le fichier directement en cliquant sur le bouton « écouter », ou le télécharger en cliquant sur « télécharger ».

Voici une transcription in extenso du dialogue.

 

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Bonjour et merci d’accepter cette interview. Est-ce que vous pouvez vous présenter et présenter l’école ?

Madame Goetz, présidente de l’association : L’école de Hoerdt, un petit village à 15 km au Nord de Strasbourg a été créée il y a 6 ans pour le jardin d’enfants pour des parents qui n’avaient pas envie de scolariser leurs enfants dans l’éducation traditionnelle essentiellement. Et des parents qui étaient à la recherche d’autres choses. Le jardin d’enfants existe depuis 3 ans. Les enfants ont grandi, donc ça fait 3 ans que l’école primaire a été mise en place. Et là, on a des enfants qui viennent de l’extérieur qui arrivent donc au CE2 ou au CM1. Donc ils ne connaissent pas la pédagogie Montessori que nous appliquons.

Image d'un billet de banque italien Maria Montessori

Crédit photos CC : Flanker

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Est-ce que vous pouvez présenter en quelques mots ce qu’est la pédagogie Montessori ?

Madame Goetz, présidente de l’association : C’est un sujet qui est très très vaste, je vais essayer en quelques points de résumer les principes fondamentaux.
On apporte à l’enfant, quand il est en demande, ce qu’il a envie d’apprendre. S’il a envie d’apprendre à écrire à 4 ans, on va lui apporter les outils nécessaires pour le faire, non pas par l’intellectuel mais toujours par le concret à travers son corps : par le toucher, par la vue, par l’audition, donc tous les sens incluant l’éveil pour entrer dans le langage des signes plus abstraits par la suite.

Ensuite, c’est toujours un enseignement qu’on fait en individuel avec chaque enfant, que ce soit la vie pratique, la vie sensorielle au jardin d’enfants, l’apprentissage du français et des mathématiques à l’école primaire, c’est toujours individuel dans toutes les matières qui demandent de la logique, de la compréhension. On leur montre le matériel, après l’enfant s’entraine avec ce matériel. Et dans le matériel, l’enfant peut se corriger par lui-même. Donc, il n’est pas obligé de passer par nous pour avoir notre jugement. Et c’est primordial, comme ça l’enfant garde sa confiance en soi. Il peut se corriger bien sûr quand il ne comprend pas. Si vraiment ça lui dépasse, souvent il vient nous voir et nous demande. Alors, on va lui montrer un autre matériel qui lui permettra, par lui-même, la compréhension de ses problèmes et ce qu’il n’arrivait pas à faire.
Donc une fois qu’on a montré à l’enfant le matériel, il va s’entrainer et va travailler en autonomie, ce qui veut dire, par exemple à l’école, qu’ils auront un planning à faire pour la semaine, il prend ça avec lui, et tous les jours, l’enfant va travailler en fonction de ses ressentis, en fonction de ses intérêts, mais à la fin de la semaine, — bon, on est un peu exigeant — on estime que le planning doit être terminé.
Il y a des choses qu’il aime moins faire que d’autres, souvent on l’assiste un petit peu. Mais autrement, il est complètement libre. Il se déplace dans la classe, il cherche le matériel, il travaille, le remet à la place, voilà ils se déplacent vraiment librement et on leur apprend à travailler en autonomie.

Quant à des enfants qui viennent de l’éducation nationale, c’est la plus grande difficulté que nous avons, au départ, à mettre en place, non pas les apprentissages mais ce travail en autonomie. Cela met en général quelques mois, qu’ils comprennent qu’on n’est pas là pour leur dire ce qu’il doivent faire, pour que eux-mêmes, ils aillent vers le travail et qu’ils éprouvent de l’intérêt à ce qu’ils font. Au bout de quelques mois, ils ont en général bien compris et là, ça se passe très bien et toujours dans le calme. Des bavardages dérangent l’autre, donc on empiète sur le terrain de l’autre, on ne respecte plus l’autre qui est en train de travailler, donc l’ambiance est très très calme, très studieuse bien que les enfants se déplacent continuellement dans la salle à la recherche de leur matériel, de leur petit travail etc

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Quelle est la place des langues dans votre pédagogie en particulier dans votre école ?

Madame Goetz, présidente de l’association : On essaie d’avoir une personne qui n’a pas d’accent au niveau de la langue que nous proposons. Pour l’instant, c’est essentiellement l’allemand puisqu’on est à proximité. L’anglais se rajoutera peut-être l’année prochaine. Nous essayons d’avoir des personnes qui n’ont pas d’accent typé d’un pays d’Allemagne, par exemple,e la Bavière, il y les personnes du nord, ils ont chacun leur langage. On essaie d’avoir des personnes qui parlent le hochdeutsch, pour que les enfants s’imprègnent de la langue. Cette personne-là va parler au quotidien l’allemand pour que les enfants s’imprègnent de la langue. Il y a aussi les rondes, les jeux, les comptines, toutes ces choses-là, tout ce qu’ont fait avec les enfants, on fait de la cuisine aussi chez nous. Donc, on leur apprend aussi à travailler avec le repas, comment s’appelle tel ingrédient. Toutes ces chose complètes qu’on fait au quotidien quand on a des personnes qui sont capables de le faire.

A l’école, c’est un petit peu différent, nous avons tous les jours un petit peu d’allemand qui est fait d’une manière assez courte, donc on n’a pas cette parité, par exemple, comme cela se fait dans d’autres écoles, où il y a un jour mathématiques en allemand, histoire en allemand, par exemple, ils font ça pendant toute l’année. Chez nous, c’est uniquement l’apprentissage de la langue allemande à travers toujours le concret, à travers les choses que les enfants vivent: les animaux, le repas, le quotidien. Et toujours en oral puisque souvent ils ne savent pas écrire, c’est toujours à l’oral qu’on travaille ensemble, en groupe cette fois-ci et non pas en individuel.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Sur le jardin d’enfant, vous arrivez à maintenir la parité entre les deux langues français et allemand ?

Madame Goetz, présidente de l’association : En principe, quand on a la personne pour, oui. Autrement, c’est plus difficile. On a une intervenante en allemand qui vient une fois par semaine une journée entière dans les cas le plus défavorable.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Même dans ce cas, vous maintenez 25% ?

Madame Goetz, présidente de l’association : Oui, nous maintenons 25%

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Quel est le public sous le jardin d’enfants ? Est-ce qu’il s’agit de familles bilingues ou de familles monolingues ?

Madame Goetz, présidente de l’association : Ce sont essentiellement des familles monolingues qui viennent chez nous. Donc, en premier pour la pédagogie Montessori ou Steiner que nous appliquons. En deuxième ce sont des familles qui sont monolingues et non pas bilingues. Les parents bilingues les mettent plutôt dans des écoles où il y a vraiment la parité au niveau des matières mathématique, français par la suite à l’école. Dans le jardin d’enfants, nous faisons comme dans ces écoles-là. Donc, il n’y a pas de spécificités par rapport à d’autres écoles. Mais au niveau du primaire, ça change.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Cela change en quoi ?

Madame Goetz, présidente de l’association : C’est qu’on ne garde pas cette parité « mathématique-histoire-géographie» en allemand. Nous faisons toutes les matières en français et nous enseignons l’allemand en parallèle tous les jours, au quotidien. En oral pour les petits, et les plus grands, quand ils maitrisent bien l’écriture de la langue française, on leur apprend à écrire en allemand aussi.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Quel est le volume horaire journalier que vous arrivez à maintenir ?

Madame Goetz, présidente de l’association : C’est très variable en fonction des activités du jour. Nous arrivons d’une ½ heure à 1 heure par groupe. Parfois des après-midi entières, suivant les personnes qui sont là à ce moment-là. On ne veut pas vraiment définir de volume horaire, c’est très variable dans le temps, en fonction des saisons, des personnes et de l’emploi du temps.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Est-ce que vous avez déjà des retours par rapport au niveau d’allemand concernant les élèves qui ont quitté votre école et qui sont allés soit sur l’école que vous proposez à pédagogie Montessori, soit d’autres écoles du système classique ?

Madame Goetz, présidente de l’association : En général, quand les enfants quittent notre école pour aller rejoindre le système traditionnel, la langue se perd. Ils ne pratiquent plus tous les jours, au quotidien, donc ils garderont peut-être en souvenir l’allemand par la suite quand ils vont le retravailler au collège. Ils vont peut-être le réapprendre ou avoir des choses qui vont revenir à la surface. En général, ils perdent la langue.

D’autres enfants vont peut-être rejoindre un système paritaire. Et au niveau des autres matières, quand les enfants quittent notre école, ils sont tout à fait au niveau, ils s’intègrent parfaitement. Au niveau connaissance, ils sont même au-delà des autres puisqu’on travaille en individuel avec chacun. Donc, ils sont en général beaucoup plus loin si on parle maintenant de programme scolaire : mathématique-français essentiellement.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Quelle est la relation au programme, vous suivez le programme ou il reste en toile de fond par rapport à votre programme hebdomadaire ?

Madame Goetz, présidente de l’association : Nous essayons toujours de suivre le programme de l’éducation nationale pour ne pas mettre l’enfant en difficulté, pour qu’il puisse, si jamais il quitte la structure, n’avoir aucun souci dans le traditionnel. Mais comme nous faisons de l’individuel, les enfants qui sont très rapides peuvent avancer très très vite, et les enfants qui sont lents, peuvent se prendre du temps aussi d’arriver aux notions fondamentales. On ne passe pas sur des choses fondamentales sans que l’enfant ne les ait acquises. Donc, souvent les enfants qui sont normalement constitués arrivent à faire souvent en 1 an le programme de 2 ans. Mais on ne va pas les freiner. Mais on a quand même toujours un planning personnel pour chaque enfant en fonction du niveau qu’il devrait avoir. Et on essaie de le maintenir mais toujours avec le matériel dans le concret et non pas dans l’abstraction. On garde la pédagogie Montessori avec le matériel Montessori.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Est-ce que la pédagogie Montessori est particulièrement adaptée aux enfants qui ont des difficultés ?

Madame Goetz, présidente de l’association : La pédagogie est essentiellement adaptée, en premier, à des enfants qui viennent de l’extérieur, donc qui ont déjà eu quelques années d’éducation nationale. En premier, c’est toujours regagner la confiance en soi, savoir qu’ils vont y arriver. Une fois que cela est acquis, c’est un gros travail, il y a souvent le comportement aussi qui n’est pas tout à fait comme il faudrait ; le respect de l’autre. On ne les a pas respectés dans ce qu’ils étaient, donc ils ne peuvent pas respecter l’autre non plus. Donc le plus gros du travail que nous avons, c’est leur expliquer la limite et leur mettre les limites du respect envers les autres et envers soi-même aussi. Tant qu’on n’est pas en accord avec soi-même, on ne peut pas l’être avec les autres. C’est aussi un gros de travail que nous faisons au quotidien. Une fois que c’est acquis — ça met quelques mois quand même ! — les enfants sont vraiment bien chez nous parce qu’ils peuvent aller à leur rythme, on ne leur met plus la pression du résultat. Donc, on les prend là où ils étaient, là où ils se sont arrêtés au niveau de leur apprentissage, et on les amène progressivement tous les jours un petit peu loin, mais avec leur capacité et des enfants qui ont des difficultés dans toutes les matières, en mal de logique et de compréhension, de dyslexie, de dysorthographie, de dyscalculie, enfin tout ce genre d’enfants, qui ne trouvent pas leur place dans l’éducation nationale, que nous acceptons. C’est vrai que les progrès qu’ils font sont toujours en fonction de leur capacité. Et comme c’est de l’individuel, aussi on ne compare jamais un enfant par rapport à un autre. Ils n’ont pas de notes ; j’ai oublié de le dire tout à l’heure. Les enfants n’ont aucune évaluation, de notre part, aucune note.
Tout ce que nous voulons, c’est qu’ils travaillent, qu’ils progressent dans leurs apprentissages. Ils n’ont pas besoin de notes pour se juger eux-mêmes et de savoir où ils en sont. Ils savent eux-mêmes très bien où ils en sont.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Merci beaucoup pour cette interview et bravo pour le travail que vous faites ! Merci pour ces enfants !

Madame Goetz, présidente de l’association : Et bonne continuation, à vous aussi, dans la bataille que vous menez au quotidien

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Merci.

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