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Un bilingue avec l’italien, et beaucoup plus

Posted by on 24 mai 2013

Dans ce podcast, j’interviewe Daniel, bilingue avec l’italien et désormais polyglotte. Ses compétences lui sont bien utile pour son métier de conseil en propriété industrielle.


Vous pouvez écouter le fichier directement en cliquant sur le bouton « écouter », ou le télécharger en cliquant sur « télécharger ».

Daniel a bénéficié pleinement de son bilinguisme précoce mais que faire quand on n’a pas eu cette chance ou que faire quand on désire préparer l’avenir de ses enfants sans pour autant adopter une nouvelle langue familiale ? Cette question m’a été posée plusieurs fois, dans les commentaires ou sous forme de message privé et en plus, on m’avait demandé de trouver des sources sérieuses sur la facilité d’apprentissage de l’espéranto.
J’ai trouvé l’article de référence de l’étude de l’institut de cybernétique de Paderborn mais il est bilingue : Allemand et Espéranto. Mais la personne qui m’a demandé l’article ne maitrise ni l’une ni l’autre de ces langues. J’ai donc choisi de faire une traduction à vue de l’article et de l’associer à l’interview de Daniel.

Voici une transcription « in extenso » du podcast.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Bonjour et bienvenu dans cette épisode un peu particulier du tour du monde des bilingues. Vous aurez remarqué que cette fois-ci, je ne vous accueille pas avec une caméra mais avec ma voix. Il se trouve que j’ai interviewé Daniel qui est plurilingue. Nous allons voir pourquoi et comment surtout qu’il vit aujourd’hui entre la France, la Suisse et le Brésil. Il est entrepreneur dans les trois pays d’ailleurs, ce qui en fait un entrepreneur d’un type un peu particulier. Je ne suis pas allé au Brésil, malheureusement mais Daniel n’a pas accepté d’être filmé.
J’en profite pour traiter d’un sujet qui est lié à son interview et vous verrez pourquoi. Un sujet que quelqu’un m’a proposé il y a bien longtemps, qui est l’aspect préparatoire de l’enseignement précoce d’une langue par rapport à l’apprentissage ultérieur des autres langues.

Daniel, bonjour ! Quelles sont les langues que tu parles ?

Daniel : Le français, l’italien, l’allemand, l’anglais, l’espagnol, le portugais et l’Espéranto.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Comment est-ce qu’on arrive à une telle collection des langues ?

Daniel : Alors le français parce que je suis né et j’ai grandi en France. L’italien est simplement la langue de la famille, l’allemand la langue de ma région natale, l’anglais ma deuxième langue étrangère apprise à l’école, l’espagnol apprise pour le plaisir, l’Espéranto aussi et le portugais aussi.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Tu as grandi avec le français et l’italien, est-ce que tu as pu bénéficier d’une école en italien ?

Daniel : Non, j’ai suivi quelques cours le samedi après-midi. Des cours pour fils d’immigrés.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Et quels sont les souvenirs par rapport à ces cours ? C’était agréable ?

Daniel : Non, je ne voulais pas du tout y aller parce que ça me prenait mon temps libre, je ne pouvais pas aller jouer avec mes copains.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Ce qui n’est pas surprenant (rire) ! Et quel est ton niveau en italien, est-ce que tu penses que tu as les compétences d’un natif, est-ce que t’as pu passer à l’écrit ?

Daniel : Je n’ai pas les compétences d’un natif. Mais je comprends tout, les journaux, les livres, j’écris professionnellement en italien. Je corresponds en italien. Et j’appelle mes clients en italien.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Quel a été le truc qui t’a permis de lire en italien et de vraiment avoir cette compétences à l’écrit ?

Daniel : La lecture, au départ donc, des bandes dessinées, que j’empruntais à ma cousine en Italie. Plus tard des revues, des journaux, puis encore plus tard des livres, des romans .

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Tu as passé beaucoup de temps en Italie dans ta jeunesse ?

Daniel : J’ai passé environ les vingt premières années de ma vie, un mois par an.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Et un mois, est-ce que ça suffit pour penser en italien, pour changer la langue dominante à ce moment là ?

Daniel : Oui, c’était une immersion totale, il y avait mes grand-parents, mes oncles, mes cousins, mes cousines. Je parlais peut-être français un peu avec mes frères et sœurs, mes parents mais autour de moi il n’y avait que de l’italien.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Tu n’es jamais allé en Italie à l’école là bas ?

Daniel : C’était très tard, beaucoup plus tard, j’allais avoir 28 ans, j’ai fait un petit stage d’italien pendant 15 jours à Naples.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Et l’allemand à l’école, est-ce que tu as l’impression que le fait d’être bilingue, ça t’a aidé en allemand ?

Daniel : Ah oui, tout à fait. J’étais toujours le meilleur élève de la 6e à la 3e, pas après, parce que de la 6e à la 3e, j’étais dans les écoles allemandes francophones, puis on était regroupé avec les dialectophones.
NDLR : A cette époque, les dialectophones étaient dans des classes séparées des enfants francophones de la 6ème à la 3ème. Le niveau d’allemand des dialectophones était bien sûr beaucoup plus élevé, car c’était la forme écrite de leur langue maternelle alors que pour les francophones, l’allemand était une langue étrangère. Ce dispositif n’existe plus aujourd’hui car le nombre de dialectophone est en chute libre

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Oui mais ils trichaient, ils étaient presque dans leur langue maternelle (rire). Et l’anglais, en quatrième langue, qu’est-ce que ça a donné ?

Daniel : J’étais aussi un très bon élément surtout après l’allemand, ça ne me paraissait pas très difficile.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Donc aujourd’hui, tu parles français, italien, espagnol, portugais, quatre langues finalement assez proches, est-ce que tu arrives facilement à cloisonner ?

Daniel : Au début, on fait pas mal de confusion. Quand j’ai commencé à apprendre l’espagnol, j’avais tendance à parler italien. Et puis au bout d’un certain temps, c’est comme si la langue faisait sa place dans la tête, après on fait de moins en moins de confusion. J’ai recommencé à faire des confusions entre le portugais et l’espagnol. Je disais des mots espagnols en portugais, ce qui m’arrive encore, parce que ces langues sont beaucoup plus proche. Donc, au début, c’est très difficile, il faut du temps pour que les langues se séparent.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Et tu as un truc particulier ou des conseils à donner pour arriver à séparer des langues ?

Daniel : Disons qu’avant d’aller dans un pays, je me mets à lire le journal, des revues dans la langue pour trouver les mots qui me reviennent à l’ esprit.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Aujourd’hui, tu utilises le portugais professionnellement au Brésil, c’est facile à comprendre à l’oral ?

Daniel : Oui, le portugais du Brésil est plus facile à comprendre que le portugais du Portugal. Ce n’est pas le même accent, je pense que les Brésiliens parlent plus clairement, plus lentement aussi. Cela dépend aussi des régions et des mots. C’est plus facile à comprendre.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Quel est le niveau d’anglais au Brésil, tu as essayé d’utiliser l’anglais avec eux ? Est-ce que t’en as eu besoin ou ta maîtrise du portugais fait que finalement, tu n’en as jamais besoin?

Daniel : Je n’ai jamais besoin de l’anglais au Brésil, mais de toutes façons, c’est difficile d’utiliser l’anglais au Brésil parce qu’ils ne l’apprennent pas vraiment à l’école. L’anglais, c’est un énorme business au Brésil. Il faut se financer soi même des cours.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : L’anglais, c’est la langue de ceux qui peuvent se payer les cours privés, donc c’est la langue des riches.

Daniel :. Oui, il y a énormément d’écoles d’anglais à Rio par exemple. Et qui ont beaucoup de succès aussi parce que tout le monde apprend l’anglais pour son avenir, sa carrière.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Est-ce que l’Espéranto t’a servi au Brésil ?

Daniel :J’ai rencontré les espérantistes un moment, oui, au début quand j’y allais. La première fois, pour découvrir le Brésil, oui c’était pour le Congrès Universel, on était un groupe d’espérantistes. On a fait le Congrès des jeunes dans le sud à Curitiba, et ensuite pendant une semaine, on était un groupe d’une dizaine de jeunes, il y avait des Espagnols, un Allemand, une Israélienne, un Français, un Polonais. On a voyagé tous ensemble pendant une semaine, en direction du congrès mondial à Fortaleza. Pendant toute une semaine, on ne parlait que l’Espéranto parce que c’est la seule langue commune à tous.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Donc, un bon souvenir finalement qui t’a mis les pieds à l’étrier dans ce pays ?

Daniel : Oui, un excellent souvenir .

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Merci et bon vent pour tes affaires au Brésil et comment est-ce qu’on dit Bon vent en portugais ?

Daniel : Boa sorte. Bonne chance en fait.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Merci !

Voilà, j’espère que vous avez compris au travers de cette interview que c’est le fait d’être bilingue français-italien qui a permis à Daniel de devenir le polyglotte incroyable qu’il est désormais et surtout, n’oubliez pas, il est également un entrepreneur qui est capable d’aller rédiger des textes techniques en allemand et d’entreprendre en même temps en portugais au Brésil, tout en étant Français, et bien sûr, bilingue avec l’italien. Et également de cloisonner, comme vous avez pu l’entendre, cloisonner ces quatre langues latines qu’il parle : français, italien, espagnol et portugais, ce qui est en soi remarquable.

Nous allons maintenant aborder comment faire chez vous si vous désirez obtenir les mêmes résultats et que vous n’avez pas eu la chance d’avoir deux langues pour vos enfants, et que vous n’êtes pas aussi ambitieux ou que vous avez peur de rendre vos enfants bilingues précoces avec l’Espéranto.
Vous savez tous que c’est ma stratégie par rapport à mes enfants puisque je les rends bilingues avec l’Espéranto. Une langue qui a été initiée, créée à la fin du XIXe siècle pour des gens qui n’ont pas la même langue maternelle. J’ai détourné cet usage puisque je l’ai introduit artificiellement dans notre foyer de manière à ce que nos enfants monolingues deviennent bilingues précoces, et que cela les aide par la suite à apprendre l’allemand.
Stratégie qui a l’air de fonctionner puisque l’aînée, qui a désormais 14 ans, est très forte en allemand, apprend très vite l’anglais et les deux suivantes sont également très volontaires pour apprendre l’allemand. Elles n’ont pas encore l’anglais parce que c’est une autre stratégie que nous avons dans la famille et que j’ai déjà traitée dans un autre article dans le blog. Et toujours est-il que cette stratégie de je mets deux deux langues au début, et ça va me permettre d’acquérir une troisième langue étrangère plus rapidement Bien évidemment, je n’ai tout inventé seul, cette stratégie existe depuis bien longtemps, et j’ai décidé de partir à la recherche de certaines études.
Alors l’étude qui est la plus citée dans ce domaine est celle de Helmar Franck de l’Institut cybernétique de Paderborn en Allemagne, qui s’est basée sur les études précédentes et je vais mettre un peu de temps pour les retrouver, d’ailleurs, puisque de mémoire, la première étude date de 1912, peut-être 1920, en Écosse, sur l’utilisation de l’Espéranto comme manière de préparer les enfants à l’apprentissage du français.

Alors que contient le fameux article de Helmar Franck, fameux article mais en fait, il y a toute une série d’articles qui ont été publiée par ce chercheur allemand sous différentes formes et dans différentes langues. Mais les espérantophones citent volontiers l’étude de Paderborn qui a donné lieu à un article en Espéranto et en allemand. Alors que dit cet article ?
Cet article est intitulé La valeur propédeutique de la langue internationale.
C’est une constante dans les publications de Helmar Franck. L’Espéranto n’apparaît jamais sous le pseudonyme du docteur Espéranto, l’auteur du livre, mais toujours sous le nom officiel de la langue Lingvo internacia, Internacia lingvo, donc langue internationale.
C’est une étude qui se situe dans le contexte de l’époque florissante de la cybernétique, la théorie cybernétique des résultats empiriques dans l’utilisation de cette langue internationale, dans un enseignement qu’ils appellent Lingvo orientiga, c’est-à-dire un enseignement préparatoire aux langues, Sprachorientirungunterricht, dans l’original allemand, comme base pour un apprentissage ultérieur des langues nationales.
L’article commence par des explications sur le cours d’apprentissage. Le fait le plus évident dont est issue la théorie que nous allons présenter, est l’observation simple que l’on peut apprendre en deux minutes le double de ce que l’on aurait appris durant une minute. Ou d’une manière plus générale, que la quantité apprise dépend du temps d’apprentissage, au moins au début.

Pourquoi au début ?

Quand la perte de mémoire ou la perte de temps pour des répétitions, qui n’apportent pas de nouvelles informations, est encore négligeable par rapport à ce qui a déjà été appris. Tout simplement parce que la courbe d’oubli n’a pas encore d’effets. La cybernétique a introduit des mesures de quantité de ce que l’on peut apprendre, ou on doit apprendre. Ce sont généralement des mesures d’un certain aspect de l’information qu’ils ont qualifiée de bit, donc un aspect de l’information aujourd’hui très connu du fait de l’informatique.
Un adulte d’âge moyen peut apprendre durant une minute à peu près 40 à 50 bits d’information. La valeur précise dépend de l’apprenant. Un enfant apprend moins rapidement qu’un adulte, ce qui a été prouvé dans les études de Ridelle en 1967, Franck en 1969, et Franck de nouveau en 1976, et on peut en déduire une formule qui nous donne le rythme d’apprentissage en fonction de l’âge :

le rythme d'apprentissage

Les recherches les plus récentes, donc au moment de la publication, nous montrent qu’un adulte conserve la capacité de 50 bits/mn jusqu’à peu près sa 60e année. La décroissance d’information que l’on peut apprendre ne commence donc pas à partir de sa 3e décennie comme c’était cru jusqu’à maintenant. La rapidité d’apprentissage est le facteur proportionnel entre le temps d’apprentissage et l’information apprise durant ce même temps d’apprentissage. Ce qui nous permet d’établir que

Information apprise

Il s’agit de toute l’information apprise et non pas simplement l’information qui fait sens. Si l’enseignant n’est pas excellent, si l’apprenant n’est pas très intéressé, ou s’il y a des perturbations dans l’espace d’apprentissage, dans la pratique, seulement une partie de l’information transmise est efficace.
Ce coefficient η peut varier de 0 à 100% et dépend de l’apprenant car celui-ci peut mémoriser des informations qui ne sont pas importantes, comme par exemple, quels étaient les vêtements de l’enseignant ce jour-là, les bêtises que faisaient les apprenants autour de lui etc, etc.

Donc nous arrivons à la formule

Information transmise

Ce qui signifie que, quand bien même durant une minute, un apprenant peut apprendre 50 bits d’information, cela peut être, par exemple, 25 bits d’information utile et 25 bits de prononciation erronée, de blagues de l’enseignant, de telle manière que l’utilisation du temps d’apprentissage utile est en fait réduit de moitié.

Dans cet article, nous allons nommer ce facteur de réduction η. Franck donne un nom particulier à ce facteur qu’il appelle efikanco de l’instruado en Espéranto ou Effikanz des Unterrichts en allemand.
i est égal à 50% dans notre exemple, dans lequel on a besoin du double du temps pour apprendre une certaine quantité d’information en comparaison du temps idéal d’apprentissage. Si l’effiquance n’est que d’ 1/3, comme c’est d’habitude le cas dans les classes de RFA, en 1976 (cf. publication de R. Franck en 1976), le temps nécessaire triple.
Si i est l’information totale de ce qu’il y a à apprendre et p le pourcentage déjà appris, alors, p(t)=i(t)/i . Ce qui était aussi égale à notre coefficient η x c de coefficient de rapidité d’apprentissage x t/i. Ce qui nous permet d’isoler un coefficient ʎ définit par η x c/i, qui est un facteur de la proportionnalité entre la compétence, le temps d’apprentissage et qu’il a défini comme étant la facilité d’apprentissage, lernleichtigkeit, lern-facileco.

L’apprentissage est donc d’autant plus facile que la mémoire prend rapidement de l’information, qu’il y a moins d’information à apprendre, et que l’effiquance de l’enseignement est plus fort. Donc η x c/i.

En fait, cette proportionnalité entre ce qu’il y a à apprendre ou la compétence acquise et le temps de l’apprentissage n’est pas tout à fait valide.
Il n’y a qu’au début que la courbe d’apprentissage est linéaire. En fait elle suit sa tangente et plus on apprend, plus on va être saturé. Et donc la courbe d’apprentissage va ralentir dans une apparente décroissance de la rapidité d’apprentissage. De telle manière, que nous arrivons à la courbe théorique p(t) qui était donc l’information apprise divisée par l’information totale à apprendre, est égale à 1- e-Λ(t).

Influence de la facilité sur l'apprentissage

Influence de la facilité sur l’apprentissage

C’est un schéma classique dans les publications de Franck où vous retrouvez en abscisse le temps et en ordonnée la compétence et vous avez une asymptote qui vient s’approcher de la quantité d’information que l’on peut acquérir. Et donc le facteur de facilité de l’apprentissage nous donne une pente d’autant plus forte et une approche d’autant plus rapide de la saturation car ce facteur d’apprentissage est élevé et sinon à l’inverse, parce que ce facteur d’apprentissage est faible, vous avez une droite proche de l’équation y=x, donc, proche d’une courbe, d’une pente à 45° et qui s’approche doucement de la saturation.
Plus quelque chose est facile à apprendre, plus on s’approche vite des 100%, et donc moins de temps est nécessaire pour acquérir une compétence donnée.

Deux manières d'améliorer l'apprentissage

Deux manières d’améliorer l’apprentissage

A partir de cette courbe, on peut dire en déduire qu’il y a deux manières d’améliorer l’enseignement d’une langue étrangère. Le but de toute pédagogie et de celle qui concerne les langues étrangères, est d’améliorer le processus d’apprentissage. Par exemple, l’apprentissage de l’anglais. Par exemple, en RFA, chaque enfant doit apprendre une première langue étrangère durant sa cinquième année d’école, donc à peu près à l’âge de 10 ans. Et c’est dans la plupart des cas l’anglais, proposé comme seule langue étrangère que l’on puisse choisir ou dans tous les cas, choisie.

Les deux manières d’améliorer la pédagogie des langues peuvent donc s’exprimer sous la forme, à la fin de l’apprentissage scolaire, on va acquérir une compétence plus importante chez les enfants que ce qu’elle était aujourd’hui, ou atteindre la compétence actuelle plus tôt. Donc par exemple, par 4 semaines d’apprentissage au lieu de 5. Donc cela correspond à tirer notre courbe soit vers le haut avec une plus forte compétence en un temps donné, soit vers la gauche avec l’acquisition de la compétence que l’on souhaitait atteindre plus tôt.

Franck traite ensuite de l’apprentissage précoce. Une manière simple pour avoir l’impression de remplir les deux critères est souvent de commencer l’anglais plus tôt à l’école élémentaire. Ce qui signifie, dans la plupart des cas, l’enseignement de l’anglais est en 3e ou 4e année, donc à des enfants de 8 ou 9 ans à raison de 2 heures par semaine. De cette manière, les enfants montrent à la fin de la 5e année une compétence plus élevée que celle de leurs camarades qui n’ont pas eu cette instruction précoce.

Apprendre plus tôt décale le démarrage
Connaissance acquise durant T avant le commencement (t=0) de l’expérience

C’est comme si on tirait la courbe dont j’ai parlé tout à l’heure vers la gauche. Cependant, cette supériorité de l’apprentissage précoce se réduit de plus en plus parce que les deux courbes sont croissantes asymptotiquement vers la saturation. Donc la différence de temps entre les deux courbes est constante, est égale au temps qui a déjà été mis dans l’apprentissage précoce, alors souvenez-vous qu’en Allemagne, les classes sont nommées de manière croissante. Donc les 3e et 4e années sont avant les 5e et 6e années. La 6e pour vous repérer correspond à la 6e française.
En théorie, cette différence horizontale est moins grande car, selon la formule de la rapidité de l’apprentissage, un enfant de 8 ou 9 ans apprend moins vite qu’un enfant de 10 ans. Le commencement précoce de l’enseignement de l’anglais n’entraîne donc aucun gain de temps ni en théorie ni dans les faits. Souvenez-vous que ce qu’il appelle dans cet article enseignement précoce n’est pas du bilinguisme précoce puisqu’il s’agit d’enfants de 8 à 9 ans. Il compare, en fait, un apprentissage plus précoce par rapport à un apprentissage assez tardif d’enfants, qui vont consciemment apprendre la langue étrangère. Il ne s’agit pas d’enfants qui sont dans du bilinguisme précoce et qui grandissent de manière inconsciente dans les deux langues.
Le commencement précoce de l’enseignement de l’anglais n’entraîne donc pas un gain de temps ni en théorie ni dans les faits. Mais au contraire, utilise du temps d’enseignement supplémentaire pour atteindre le niveau que l’on souhaite atteindre. Il s’agit de 160 heures qui sont prises sur le temps disponible pour apprendre le calcul, apprendre l’écriture dans la langue maternelle, ou tout autre enseignement si on ne veut pas réduire le temps libre de l’enfant. Franck conclut ce paragraphe en disant que si on avance l’apprentissage de l’anglais, avec les mêmes quantités, ce démarrage précoce n’améliore pas les succès et ne rend pas l’apprentissage de l’anglais plus facile pour autant. Souvenez-vous qu’il s’agit là d’une critique par rapport à l’introduction de la première langue étrangère chez des enfants qui ont déjà franchi le seuil critique de 7 ans, puisqu’on est sur une introduction soit à 8 soit à 9 soit à 10 ans et dans des quantités qui sont à peu près 2 heures par semaine.

L’étude se poursuit par ce qu’ils ont appelé Sprach-Orientierungs-Unterrichts en allemand ou lingvoorientiga instruado (LOI) ce que l’on pourrait traduire par un enseignement d’orientation en langue. C’est un jeu de mots puisque si vous le mettez en bon ordre, ça vous donne ILO et ilo, c’est un outil en Espéranto. De quoi s’agit-il ? C’est enseignement LOI donc lingvoorientiga instruado vise par une préparation adaptée à rendre plus facile l’apprentissage de l’anglais par la suite. Et bien évidemment, cet enseignement qui a lieu dans une école élémentaire, prend également du temps. Et dans l’expérimentation qui a été faite à Paderborn en juillet 1982, on a utilisé la 3e et la 4e année à raison de 2 heures par semaine. Ces années correspondent dans le système français au CE2 et CM1. Dans cette expérimentation, il s’agit donc de 160 heures qui sont réparties sur les deux années, et dans quelques cas couronnés d’un peu moins de succès, il s’agissait de 80 heures. Ces 160 heures d’enseignement ne correspondent pas à la translation vers la gauche, donc un commencement plus tôt de l’anglais, mais correspondent à un changement de forme de la courbe.

L'effet de l'espéranto sur l'apprentissage

Changer la forme de la courbe signifie « accélérer »

L’expérience se déroule de la manière suivante : on peut mettre en place deux groupes d’apprenants. Un premier groupe qui va commencer à apprendre l’anglais immédiatement. Il s’agit d’un groupe qui commence l’anglais en début de 3e, c’est-à-dire de CE2 dans le système français. Durant le même temps, un autre groupe ne reçoit pas l’apprentissage de l’anglais mais il reçoit cet enseignement d’orientation en langue, en clair il apprend l’Espéranto, même si la publication scientifique n’utilise pas ce terme. Et ce second groupe commence à n’apprendre l’anglais qu’à la fin de la 4e année. Jusqu’à la fin de la 6e, les compétences de ce second groupe sont inférieures à celles du groupe qui a commencé en premier. Mais comme le rythme d’apprentissage de l’anglais a été préparé par cet apprentissage de l’Espéranto, la pente de la courbe est suffisamment forte pour que les deux se croisent à la fin de la 6e.
Et à partir de la 6e, donc en 7e – 8e année, ce qui chez nous correspond à 5e -4e, ce second groupe qui n’a derrière lui que deux ans d’anglais par rapport aux autres enfants qui ont quatre ans d’anglais, va apprendre plus vite. Dans ce cas là, l’enseignement préparatoire est tel que l’anglais devient plus facile. Donc cela signifie qu’après un certain temps, le groupe qui a bénéficié l’enseignement de l’Espéranto, non seulement rattrape le groupe concurrent, mais le dépasse.
Ce qui est intéressant, c’est de voir que les deux groupes qui ont démarré précocement l’anglais et le groupe qui a eu un enseignement d’Espéranto sont plus fort en anglais, bien évidemment, que ceux qui ne démarrent que plus tard, le groupe de référence, en fait, par rapport à cette expérience. Mais seul le groupe qui a bénéficié de cet enseignement préparatoire par l’Espéranto, à partir d’une certaine compétence en anglais, a économisé plus de temps que ce qui a été dépensé pour apprendre l’Espéranto. La différence horizontale entre notre courbe de référence des enfants qui commencent l’anglais durant la 5e année comme partout dans l’Allemagne, et ceux de l’expérience qui ont commencé en même âge mais ayant eu deux ans d’Espéranto avant, ces différences horizontales croissent sans limite.

Comment est-il possible qu’une pré-information sur quelque chose facilite l’apprentissage ultérieur d’une langue ?

L’article prouve ce phénomène de manière très très simple en vous présentant une suite de symboles à mémoriser. Il s’agit d’un M puis il s’agit d’une espèce de rond difforme avec une barre horizontale, puis un 8, puis une espèce de tori japonais qui contient au milieu une partie puis un you russe mais mis différemment puis une espèce de lunettes à triangle à l’envers barré horizontalement et un ensemble de quatre cercles. Pour mémoriser ces signes et leur enchaînement, quelqu’un qui n’a pas été orienté va avoir besoin de plus de deux minutes.

Test de mémoire

Essayer de mémoriser ces symboles avant de lire l’article

Mais si vous disposez d’un enseignement préparatoire qui dure de 5 à 7 secondes, vous mémoriserez ces symboles de manière beaucoup plus rapide, 10 secondes à peine, par la suite. En d’autres termes, si je vous donne une information préparatoire de 10 secondes par rapport à ces symboles, vous allez économiser plus de 100 secondes de mémorisation par la suite. Cette information préparatoire, dans notre exemple modèle, peut-être tout simplement de savoir que chaque signe est symétrique et que vous avez juste besoin de mémoriser la partie droite de chaque symbole. En fait, quand vous cachez ces chiffres sur leur partie gauche, vous vous rendez compte qu’il s’agit simplement d’une suite de chiffres de 1 à 8, et qu’il suffit d’écrire un chiffre de 1 à 8 et symétriquement de compléter le symbole vers la gauche, vous avez fini de mémoriser ces huit symboles et leur enchaînement.

L’article propose au lecteur de faire l’expérience et de se convaincre de la subite facilité qu’il a à apprendre la suite de ces huit symboles. L’idée d’économiser du temps en apprentissage nouveau pour après gagner du temps, est utilisée depuis des décennies dans la didactique des sciences naturelles. Dans ce domaine, on n’enseigne pas immédiatement de la vie réelle, on commence toujours par un modèle de l’instruction.
Ce modèle doit être simple, ne pas contenir d’informations inutiles, pour qu’on comprenne l’enseignement, l’essentiel et la structure, on présente par exemple le corps humain, non pas sur un vrai corps humain mais sur un modèle en plastique, il est régulier donc on ne montre pas les différentes exceptions et on peut couper en morceaux de telle manière qu’on peut apprendre chaque élément de manière isolée par rapport aux autres. Si vous prenez l’apprentissage du corps humain, vous pouvez enlever les organes de votre modèle de manière à pouvoir entrer et apprendre morceau par morceau.
La langue internationale utilisait cette expérience et c’est un modèle pédagogique efficace. Elle est simple, elle a des pronoms mais la conjugaison reste la même à toutes les personnes, ce qui n’est absolument pas le cas de l’allemand, du français et du russe et même de l’anglais dans ce domaine puisque l’anglais varie, au moins pour la troisième personne, elle est régulière, elle n’a pas d’exception. Par exemple, les substantifs pluriels et les adjectifs utilisent les mêmes marques pour montrer le pluriel. Il s’agit d’un J, jo, comme en grec ancien, et vous pouvez comparer à l’anglais man/men, food/feet, mouse/mice et toutes ces exceptions. Chaque morceau est séparable comme dans notre modèle du corps humain puisqu’il s’agit d’une langue agglutinante. Pour ces trois raisons, la simplicité, la régularité, et la séparabilité en différents éléments, l’Espéranto agit comme un modèle pour les langues étrangères qu’on va enseigner par la suite.

L’enfant avait déjà un certain nombre de dimensions de manière inconsciente du fait de sa langue maternelle, les avait dans la tête et là, on va lui en proposer qui lui permettent de prendre conscience sans aucune information supplémentaire qui pourrait cacher la façon dont fonctionne la langue, on va lui permettre de prendre conscience des mécanismes. Et ces mécanismes vont l’aider par la suite à identifier la façon dont fonctionnent les langues nationales. Cet enseignement d’orientation en langue a donc une valeur préparatoire pour l’apprentissage ultérieur des langues nationales. Si on revient sur nos conditions d’expérimentation, cela signifie que si l’on dépense un certain temps, à peu près 160 heures d’enseignement de l’Espéranto, à partir d’une certaine compétence, ce temps est regagné dans l’apprentissage ultérieur de l’anglais. C’est pour cela que l’ajout de cet enseignement de l’Espéranto ne prend pas sur le temps d’enseignement car son introduction permet globalement de réduire le nombre d’heures nécessaire pour atteindre l’ensemble des choses à apprendre.

L’article de Franck aborde ensuite une autre expérimentation qui a été faite en Hongrie en 1970. Il avait à sa disposition une classe d’apprenants hongrois, qui avaient d’abord appris l’Espéranto. Par la suite, ils ont été répartis en petits groupes pour apprendre soit le russe soit l’allemand soit l’anglais ou le français. Le groupe qui a commencé à apprendre le russe avait 25% de facilité du fait de l’apprentissage initial de l’Espéranto. Le coefficient de réduction de la difficulté vis-à-vis de l’allemand était estimé à 30%, vis-à-vis de l’anglais 40% et vis-à-vis du français à même 50%.

Pour ma part, je pense que c’est tout à fait normal que le maximum soit atteint sur le français car l’Espéranto est tellement proche du français, que c’est un excellent moyen de préparer l’enfant. Le transfert du vocabulaire entre l’Espéranto et le français est bien plus grand que vis-à-vis du russe. Et même dans le cas du russe, on voit qu’on économise encore 25% du temps. Ce sont des chiffres bruts et ne concernent que l’instruction durant l’école élémentaire. Il ne s’agit absolument pas de ce que l’on aurait pu gagner sur tout l’enseignement du russe, de l’allemand, de l’anglais ou du français.

Franck compare ensuite les conditions dans lesquelles cette expérimentation hongroise a été réalisée par rapport à celle qui a été faite avec beaucoup plus d’enfants en RFA. Mais il faut dire qu’en RFA, les conditions étaient moins bonnes puisque les enseignants d’Espéranto n’étaient pas des enseignants expérimentés comme ceux dont pouvaient disposer les Hongrois, et surtout l’expérience allemande ne portait que sur l’enseignement et l’apprentissage ultérieur de l’anglais. Cependant, dans cette expérience allemande, après deux ans d’apprentissage de l’Espéranto, le facteur de facilitation de l’apprentissage de l’anglais dans cette expérience allemande n’a pas été estimé à 40% mais autour de 30% et dans le cas où on utilise une durée moindre, c’est-à-dire un an d’Espéranto, on a quand même 20%.

Ces chiffres montrent qu’il s’agit vraiment d’un changement de forme de la courbe et qu’il est nécessaire d’atteindre un certain seuil de compétence qui rend rentable l’investissement dans les premières années d’Espéranto.

Toutes ces expériences ont été mesurées par des tests mais pour convaincre également les parents de la valeur de cet enseignement d’Espéranto.

Résultats dans d'autres matières

De meilleures notes en classe pour les élèves apprenant l’espéranto

Les résultats des notes des enfants ont également été analysés. Je n’entrerai pas dans les détails des différentes courbes, car il s’agit d’une façon de noter à l’allemande avec bon-passable et insuffisant, mais surtout il s’agit de la langue anglaise, en langue maternelle allemand et en mathématique.

Que nous montrent ces résultats ?

Les enfants qui ont suivi l’enseignement de l’Espéranto ont des notes qui sont supérieures au groupe de contrôle dans le domaine de l’anglais. Et ce n’est pas vrai que pour l’anglais. C’est vrai également en langue maternelle allemande. C’est vrai également pour la géographie. On peut facilement expliquer que la langue maternelle se soit renforcée du fait de l’enseignement de l’Espéranto car sa facilité, et surtout son caractère agglutinant, a permit aux enfants de mieux prendre conscience des phénomènes qui se déroulent dans leur propre langue maternelle. Par contre, des résultats meilleurs en géographie sont plus difficiles à expliquer. Franck fait l’hypothèse que l’effiquance de l’enseignement de géographie est supérieure parce que l’enseignement préparatoire d’Espéranto a pu augmenter leur appétence pour les faits géographiques et surtout parce que, durant l’enseignement de l’Espéranto, ces enfants ont commencé à correspondre avec des classes à l’étranger. Des classes où l’Espéranto était également enseigné.

Les résultats en mathématique doivent attirer notre attention parce qu’on n’a pas forcément d’explication mais c’est là que la différence entre les enfants qui ont eu un enseignement d’Espéranto et les autres est la plus grande. En fait, cette différence n’a pas arrêté de grandir selon les années. L’explication avancée par Franck est que l’étude d’une langue sans exception a rendu les enfants plus curieux quant à la recherche des lois et des régularités dans les calculs, les communs dénominateurs etc. donc cette expérience montre que l’enseignement précoce de l’Espéranto apporte également de l’aide sur les mathématiques.

Nous arrivons à la fin de l’article de Franck. Donc pour résumer l’enseignement de l’Espéranto à l’école, dans les classes de CE2, CM1, à raison de 160 heures, permettrait de faciliter et de regagner le temps perdu dans cet enseignement de l’Espéranto dans les années ultérieures d’apprentissage de l’anglais.

Il ne s’agit pas bien sûr d’un usage pour faire du bilinguisme précoce puisque je ne crois absolument pas qu’on puisse faire du bilinguisme précoce sans l’implication des parents ou sans passer par une école bilingue paritaire, c’est-à-dire un enseignement qui se déroule au moins durant 30 semaines durant toute l’année. Ce n’est pas possible vis-à-vis de l’Espéranto, on n’atteindrait pas ce genre de chose en 2013 avec une population qui ne sait pas de quoi il s’agit, surtout on ne voit pas où est-ce qu’on trouverait des gens qui pourraient enseigner à des enfants, en fait, on n’enseigne pas à cet âge là, on lit avec l’enfant de manière à ce qu’il absorbe la langue au moment où il apprend le langage. Ce n’est pas possible aujourd’hui avec l’Espéranto en dehors du cercle familial, par contre, à l’école, de manière à démocratiser et à donner cet outil qui nous permet d’avoir un apprentissage plus rapide de l’anglais, il suffirait d’introduire 160 heures d’Espéranto, c’est-à-dire 2 heures par semaine, durant les années où l’enfant commence à avoir une maîtrise de l’écrit, et qui lui permet consciemment de voir la rapidité et la régularité des règles de cette langue, qui a été construite pour tous simplement.

Épilogue

Dans les semaines qui suivent, je vais aller à la recherche des gens qui ont appris l’Espéranto à l’école, dans leurs années 10-11 ans, et il y en a quelques uns en France, pour pouvoir faire des interviews et voir ce qu’ils en auront pensé.

Si vous avez lu jusqu’ici, bravo car j’ai vraiment souffert pour adapter cet article, je sais qu’il est long.

Êtes-vous surpris de ces résultats ?

Dites-moi ce que vous pensez dans les commentaires ci-dessous.

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Ce que vous aviez en tête en arrivant :

  • bilinguisme italien

10 Responses to Un bilingue avec l’italien, et beaucoup plus

  1. Mireille Besset

    Bonjour Cyrille
    Ton article serait encore plus intéressant si, dans tes équations (1), (2) et (3), on savait de quoi tu parles. Elles font riche, mais rien n’est défini.
    Cet article est digne d’être envoyé aux assos de parents d’élèves, mais il faudrait qu’il soit raccourci, intellectuellement simplifié et que sur les courbes ce soit écrit en français et en plus gros.
    Je vais l’envoyer à ma fille pour sa petite dernière (8 ans), mais j’ai bien peur qu’il n’y ait que mépris pour le dada espérantiste de sa mère. Si non je te dirai.
    Bon courage Mireille Besset

  2. Michel Dechy

    Bravo Cyrille,
    Bravo pour ce travail et cette présentation (même si les formules mathématiques peuvent faire peur …). Lorsque je présente la langue Espéranto dans les CM2 (parfois CM1) pendant mes 3 ou 4 séances [présentation de la langue; mathématiques en Eo puis géographie européenne ou (et) soroban (boulier japonais), tout cela en Eo bien sûr] les élèves et leurs enseignants sont étonnés qu’on laisse un tel outil dans « les tiroirs ». Quel dommage que nos décideurs ne soient pas plus ouverts … Toutefois ces initiatives encore individuelles peuvent donner des idées et des envies à d’autres …
    Merci et bon courage.

    • Cyrille, le praticien du bilinguisme

      Merci Michel,

      C’est normal que les décideurs suivent la majorité. Pourquoi prendraient-ils des risques ? Dennis Keefe a écrit une suite d’articles intéressant en utilisant la courbe de Rogers sur la diffusion de l’innovation appliquée à l’espéranto. Il montre clairement que les décideurs dépendent de la majorité et non pas des innovateurs. Les seuls innovateurs qui sont écoutés sont ceux qui ont fait plein d’argent ou créé plein d’emploi, les deux seules mesures qui comptent pour un décideur public.
      à bientôt

  3. Bernard Cornevin

    Bonjour Cyrille
    Merci de cet article roboratif sur un aspect capital de la valeur de l’esperanto A mon avis il peut être scindé en deux billets. D’accord avec Mireille sur ses remarques.
    Pour moi la facilité d’apprentissage est due à sa grammaire géniale (structure), à son vocabulaire proche des langues internationales européennes de fait dominantes, à son idée interne humaniste et à son internationalité qui le rapproche des langues afro-asiatiques agglutinantes puisque chaque élément du mot est invariable.
    La référence à La valeur propédeutique de l’esperanto sur Wikipedia peut permettre d’aller plus loin, cet article ayant besoin d’être amélioré lui aussi.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Valeur_prop%C3%A9deutique_de_l'esp%C3%A9ranto.

    Pour moi l’article de Claude Piron, l’esperanto un joyau éducatif méconnu est un des meilleurs sur la question
    http://claudepiron.free.fr/articlesenfrancais/joyaueducatif.htm

    • Cyrille, le praticien du bilinguisme

      Bonjour Bernard et Mireille (je réponds aux deux en même temps).
      Cet article est d’abord un podcast à écouter. La transcription n’est pas une traduction de l’article original allemand-espéranto.
      Je ne pense pas qu’on puisse vulgariser ce contenu à l’aide de cet article. D’ailleurs, j’ai fait cette traduction à vue parce qu’un auteur d’un livre m’avait demandé les sources d’un schéma de vulgarisation. Ce contenu sert à justifier pour ceux qui mettent en doute.
      Pour vulgariser, il faut trouver d’autres moyens plus vivants. Et pour cela, je vous donne rendez-vous tous les mardis dans la rubrique « Vivre les mots » qui présente en vidéo ces principes à l’aide d’exemples.
      cyrille

  4. Dominique

    Bonjour Cyrille,

    Ton article est très instructeur, pas évident je l’avoue, à certains moments.

    Je retiens surtout l’importance de l’enseignement de l’espéranto en amont de l’apprentissage de n’importe qu’elle langue. L’acquisition de l’espéranto permettrait d’assimiler une langue en moins de temps.
    En France, le problème du bilinguisme, notamment en anglais, est très présent. L’Éducation Nationale propose un apprentissage des langues étrangères dès le cp.
    Apparemment, d’après ce que tu dis, si l’enfant n’a pas conscience des 2 langues, l’apprentissage d’une autre langue est inutile.
    Lors d’un voyage en Norvège, j’avais essayé de comprendre la propension des norvégiens à parler aussi bien l’anglais que leur langue maternelle, et ceci dès leur plus jeune âge. Ils m’avaient répondu que, notamment à la télévision, tous les films sont sous-titrés, il n’y a pas de doublage. Ce n’est bien entendu pas la seule explication mais en tout cas toutes ces pistes sont intéressantes à expérimenter.

    Merci pour ce travail laborieux.

    Dominique

    • Cyrille, le praticien du bilinguisme

      Bonjour Dominique,
      L’article est issu d’une publication scientifique et je souhaitais donner accès à quelqu’un qui ne comprend pas les 2 langues de la publication. Les publications universitaires ne sont pas réputées pour être simples d’accès !

      Je n’ai pas dit que l’apprentissage d’une langue est inutile si l’enfant de 10 ans n’en a pas conscience. Il apprendra quand même l’anglais ou l’allemand mais tout sera beaucoup plus compliqué. Quand il aura compris les mécanismes, ce sera souvent trop tard. Lui proposer l’espéranto est en effet un excellent moyen d’accélérer cette compréhension et cette prise de conscience. As-tu vu les vidéos que je publie le mardi ? Celles ou je présente un mot avec des dessins ? Je les aies conçues comme une application de cet article qui est effectivement complexe.
      Je peux t’assurer que Jenny, ma petite dernière âgée de 7 ans, a pris conscience de ce qu’est un adjectif en le voyant en espéranto. La vidéo qui a déclenché ce déclic est celle du chat. Elle connaissait le mot « Kato » (le substantif), elle comprenait le sens du mot « granda » qui est un adjectif, mais n’avait pas de conscience claire de la signification du mot « Kata » (l’adjectif pour chat). En regardant la vidéo, elle compris la notion et elle l’associe désormais au mot « félin » qu’elle a découvert ce jour là. Je te mets au défi d’expliquer le lien entre « chat » et « félin » à un enfant francophone de 7 ans qui ne parle pas Espéranto !

      Pour les norvégiens, il ne faut pas oublier que les langues nordiques, à l’exception du finnois et de l’estonien, sont proches de l’anglais.

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