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Traduction en chambre

Posted by on 19 octobre 2013

Comme tous les soirs où j’arrive à me libérer au bon moment pour lire une histoire à Jenny, se pose la question du livre à lire dans sa langue 2, l’espéranto, sa langue la plus faible.

En aparté, je devrais lire tous les soirs au moins un livre si je voulais gagner la bataille de l’équilibre entre les deux langues. Car entre la scolarité en français et 5 minutes de lecture en espéranto, vous vous doutez bien de l’issue du combat. L’espéranto a beau être facile et phonétique, je m’attends à ce que Jenny lise mieux en français.

Et comme souvent, je suis pressé et j’aimerais bien qu’on lise un ou deux nouveaux livres en espéranto. D’ailleurs je viens d’en récupérer 2 dans la chambre de Mary. Mais Jenny a d’autres plans en tête et elle apporte la grosse faim de p’tit bonhomme.

Jamais vu, je ne connais pas. Nous nous installons et je vais de surprise en surprise. Le livre est en français mais mon épouse l’a traduit car des feuillets manuscrits en tombent. Voilà une bonne nouvelle car c’est toujours une épreuve de lire en espéranto un livre français en faisant une traduction à vue. Surtout quand on ne sait pas de quoi il parle ! Selon les sujets et mon état de fatigue, mes performances sont très variables.

La seconde surprise est que Jenny commence à lire le livre en espéranto. C’est elle qui commence la traduction à vue. Gardez à l’esprit qu’elle a 7 ans et demi et lit en français depuis moins d’un an.

Le texte n’est pas trop complexe

« C’est le matin.
Dans la ville, il y a une rue.
Dans la rue, il y a une maison.
Dans la maison, il y a une chambre.
Dans la chambre, il y a un lit.
Dans le lit, il y a P’tit Bonhomme
et dans P’tit Bonhomme, il y a un ventre tout vide. »

Elle démarre très fort et évite les 2 pièges de la première phrase, cafouille un peu sur le mot rue, et enchaine le reste très bien. Elle trouve même instantanément une solution pour traduire P’tit Bonhomme ! Voilà une troisième surprise.

Je fais la seconde page en regardant la traduction de mon épouse car le mot huche à pain apparaît et je n’ai pas envie de me casser la tête.
Puis nous attaquons la troisième page et Jenny commence immédiatement à traduire. Il est question d’un boulanger et elle a la solution immédiatement. Elle enchaine les dialogues, elle évite la phrase

C’est comme cela que je gagne ma croute

dont elle ne comprend visiblement pas le sens en français. Je suis admiratif car c’est une bonne tactique que de faire l’impasse plutôt que d’aller se vautrer et de perdre le rythme.

La page suivante traite du porte monnaie. Jenny trouve le mot immédiatement. Je commence à avoir des doutes car c’est un mot qu’elle n’utilise jamais. Vous avez déjà vu une gamine de 8 ans faire ses courses ? Pas moi.

Dans la page suivante, P’tit Bonhomme court au moulin et rencontre le meunier.
Je l’aide un peu pour les termes tout essoufflé mais elle a tous les termes technique. Meunier, farine, moulin. Elle évite de nouveau une phrase qu’elle ne comprend pas

je ne mouds pas pour rien.

Quand elle massacre la prononciation de grains de blé, je n’y crois plus. Il y a truc. Je ne crois pas qu’un enfant de 7 ans et demi puisse faire une aussi bonne traduction à vue à partir d’une langue qu’elle ne lit pas encore couramment vers une langue qu’elle ne parle que quelques heures par semaine. Ce n’est tout simplement pas possible.

  • Est-ce que maman te l’a déjà lu en espéranto ?
  • Oui cet été à REF.
  • (C’était il y a 2 mois) Beaucoup de fois ?
  • Plein de fois.

Tout s’explique. Elle connait l’histoire dans les 2 langues. Quand mon épouse rentrera un peu plus tard, j’apprendrai qu’elle ne l’a entendu qu’une seule fois lors d’une lecture collective à haute voix pour les enfants les plus jeunes.

En attendant, je comprends mieux son aisance. Elle a quand même une très bonne mémoire pour avoir retenu autant de détails à partir d’une seule audition deux mois auparavant.

Au bout d’une dizaine de pages, elle commence à fatiguer et je prends de plus en plus la main. Je fais alors une vraie traduction à vue sans la version de mon épouse. Et P’tit Bonhomme arrive à la rivière à qui il demande de l’eau. La rivière refuse car elle n’a pas eu le temps de faire son lit.

Voilà un petit problème : Un vrai lit se dit lito mais le lit de la rivière utilise la racine bedo comme en anglais riverbed. C’est quand même un terme technique que Jenny ne connait dans aucune de ses langues. L’original joue sur la polysémie mais la traduction ne le rend pas. Elle est moins bonne que l’original comme c’est souvent le cas. Et voilà que Jenny conteste ma traduction en argumentant à l’aide de la version de mon épouse. Non seulement elle a retenu l’histoire mais en plus elle a retenu la traduction exacte. Sauf qu’elle est fausse ou perfectible dirons-nous.

Sacré petit bout. Quelle mémoire et quel culot. Je n’ai pas fini d’avoir des surprises avec cet enfant.

Et vous, vos petits bouts vous surprennent-ils ?

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