browser icon
You are using an insecure version of your web browser. Please update your browser!
Using an outdated browser makes your computer unsafe. For a safer, faster, more enjoyable user experience, please update your browser today or try a newer browser.

Qui trop embrasse mal étreint

Posted by on 14 novembre 2012

L’école primaire nous demande si notre seconde fille Mary veut, lors de son entrée au collège l’année prochaine, étudier :

  • uniquement l’anglais,
  • uniquement l’allemand,
  • étudier les deux dans une classe dite bilangue (A ne pas confondre avec le terme bilingue car la confusion est volontairement entretenue par l’éducation nationale).

En effet, Mary est au CM2, la dernière année d’école primaire avant l’entrée au collège. Elle est bilingue mais pas avec l’allemand ni l’anglais. Que proposer en tant que langue 3 et 4 ?

L’anglais, l’allemand ou une classe bilangue ?

Ma stratégie est toujours la même. Apprendre une langue consciemment est une matière différente des autres matières scolaires. Les efforts sont cumulatifs et les lacunes s’accumulent facilement. L’allemand est complexe au début alors que l’anglais a l’apparente facilité du modernisme qui promet des résultats rapides. Les difficultés se révèlent plus tard. C’est comme si vous proposiez au choix un menu frites et ketchup ou un menu potimaron et topinambour . Le second est meilleur pour la santé mais il aura peu d’adeptes.

Alors, le menu est-il anglais, allemand ou les deux ?

Image des deux drapeaux allemand et anglais

Les classes bilangues sont un moyen de contenter tout le monde en faisant un peu de tout, tout le temps.

J’ai un avis tranché sur cette question. Je pars du principe qu’à cet âge, les enfants ne savent pas s’organiser pour apprendre efficacement une langue de manière consciente.

La preuve par l’inaction

J’ai demandé à Mary il y a plus d’un mois de reprendre tous les mots qu’elle a appris en allemand depuis le début de la maternelle. Pour lui permettre de se remémorer ces mots, je demande qu’elle les écrive et cherche le genre, car l’école a la sale manie de ne jamais donner le genre des mots.

Je lui ai rappelé plusieurs fois cet objectif pour Noël en lui demandant :

Où en es-tu avec la reprise du vocabulaire d’allemand? As-tu avancé ?

J’obtiens à chaque fois la même réponse :

Il faut que je commence ce soir.

Au 14 novembre, aucun mot n’a été traité. La moitié du délai est passé et elle n’a rien produit.

Quand on ne sait pas gérer un seul projet, on ne peut pas prétendre savoir en gérer deux en parallèle. Apprendre les deux langues en même temps ne sera que très superficiel, et au détriment de l’allemand.

Ma stratégie vis à vis de l’allemand tardif

D’abord assurer un très bon niveau d’allemand avant de tenter l’enfant avec l’anglais qui peut attendre encore deux ans et être introduit durant l’année de quatrième. Personne n’a vraiment besoin de parler anglais en France entre l’âge de 11 et 13 ans. Et surtout pas un enfant bilingue précoce qui a déjà des contacts internationaux par l’espéranto.

D’abord apprendre à s’organiser et à travailler régulièrement avant de proposer deux langues, proches de surcroit, en même temps. Nous avons la chance de pouvoir l’inscrire en allemand uniquement. Et c’est ce que nous allons faire car comme dit l’adage, « Qui trop embrasse, mal étreint ».

Cette stratégie vous choque-t-elle ?

ouvrez-cerveau-petit Découvrez
les 7 clés pour donner une seconde langue naturellement à votre enfant en vous inscrivant ci-dessous :
pour recevoir des conseils pour ouvrir le cerveau de vos enfants à 2 langues. En cadeau, je vous offre mon livre et des interviews inspirants ! Conformément à la loi "informatique et liberté" du 6 janvier 1978 modifiée en 2004, vous disposez d'un droit d'accès et de modification de vos données que vous pouvez exercer dans chaque message reçu, et cette liste est déclarée à la CNIL sous le n°1652673.

9 Responses to Qui trop embrasse mal étreint

  1. callipedie

    Un exemple de mélange des langues réussi. Mon fils est bilingue Anglais-Français. Il a suivi une scolarité bilingue depuis le CP jusqu’au CM2. A l’ arrivée en 4 s’est posé la question de la troisième langue.
    C’était le moment de vérité. Il allait être confronté à un enseignement tout a fait classique de seconde langue au collège.
    Ce fut un succès qui confirme ce que raconte la littérature spécialisée sur le sujet: apprentissage précoce => facilité accrue pour ajouter des langues

    • cyrille, le praticien du bilinguisme

      Bonjour Laurent,

      C’était un bilinguisme précoce construit uniquement sur l’enseignement bilingue paritaire ?

      • callipedie

        Paritaire sans doute, au sens ou ma femme est anglophone alors que je suis francophone .
        Par contre mon fils a toujours vécu en France, ce qui fait pencher la balance de mon côté 😉
        Pour l’espagnol, par contre aucun de nous ne le parle.

        • cyrille, le praticien du bilinguisme

          Non, paritaire signifie que l’école enseigne en deux langues avec les mêmes volumes horaires.
          Même dans ton cas, il y a toujours une langue plus forte et langue plus faible car on ne peut pas vivre dans les deux pays en même temps.

  2. Dominique C

    Cette stratégie vous choque-t-elle ?
    Non, pas du tout. Je la trouve très sage… Et je pense que le démarrage en anglais sera probablement bon et assez rapide, cette adolescente apprendra sans doute plus de choses en anglais en 4e et 3è que ce n’aurait été le cas en allemand si elle avait commencé par l’anglais…

    Bon, mais c’est une estimation « au doigt mouillé » comme on dit!!! 😉

  3. Cyrille, le praticien du bilinguisme

    J’ai du mal à suivre ton raisonnement. Tu penses qu’elle profiterait moins d’un ordre d’apprentissage inverse ?

  4. Dominique C

    En tous cas, je pense que démarrer en même temps l’anglais et l’allemand ne serait pas forcément raisonnable.
    Je suppose que (au moins dans son cas, celui d’une « denaskulino ») c’est plus « intéressant » de commencer par l’allemand, oui.
    Elle n’aura pas tout de suite à se confronter avec la phonétique aberrante (au sens propre) de l’anglais. L’allemand est plus « logique » et régulier phonétiquement.
    Mais ça reste une « impression personnelle ».
    Le spécialiste c’est TOI! 😉

    • Cyrille, le praticien du bilinguisme

      Merci du « spécialiste » 🙂
      Je pense que le transfert sémantique de l’espéranto est plus important vers l’allemand que vers l’anglais. Et en plus, l’allemand a une réalité culturelle dans notre vie en Alsace. S’il n’était la langue de « communication internationale », l’anglais serait totalement absent de la vie ici, comme c’était le cas dans les années 80. Je n’ai pas le souvenir d’avoir entendu parler d’anglais avant d’être envahi par le top 50 alors que je jouais au basket, un sport américain par excellence !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *