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Les principaux résultats observés par Ronjat sur son enfant bilingue

Posted by on 24 août 2013

Suite de l’article consacré au centenaire du livre de Ronjat consacré à l’éducation bilingue de son fils Louis.
Vous pouvez commencer au début en cliquant ici.

La prononciation

Les deux systèmes articulatoires distincts sont acquis simultanément. Les emprunts d’une langue à l’autre sont passagers et n’influent pas de manière durable la correction du langage de l’enfant. L’enfant cherche à compléter son vocabulaire. Quand un mot est acquis dans une langue, l’enfant cherche à posséder l’équivalent dans l’autre langue si l’occasion de l’utiliser se présente.

La notion abstraite de langue apparaît naturellement car chaque langue est personnifiée par un parent avec qui l’enfant a une relation affective. Louis a conscience de ces deux langues à sa disposition dès l’age de 20 mois. La conscience des autres langues est également présente car il sait distinguer qu’il s’agit d’une autre langue. Ronjat compare la situation avec une autre petite bilingue français-allemand à qui les parents ont parlé par alternance l’une ou l’autre langue. Ils vivent en France et parlent principalement allemand chez eux. Le modèle appliqué s’apparente plus à Un lieu, une langue. Ronjat constate que la petite a eu une conscience bilingue encore plus tôt mais que les différences avec son fils sont assez légères. Sa prononciation du français est parfois teintée de germanismes.

Ce fait incroyable

A partir du 30ème mois, Louis vit à Paris et le français se renforce considérablement dans son entourage. Pourtant, l’enfant continue à parler allemand à sa mère alors qu’il n’a pas conscience de l’utilité de l’usage de l’allemand. Il ne retourne en Allemagne dans la belle famille que 30 mois plus tard.
Ronjat s’interroge sur ce fait. Un enfant moins affectif vis à vis de sa mère, ou moins intelligent, aurait abandonné l’usage de l’allemand ?

Ronjat présente de précieux cas avec qui il peut comparer :

  • un couple suisse roman-suisse allemand dont les enfants sont scolarisés en suisse allemand et allemand standard. Ils refusent de parler français en dehors de leur foyer,
  • le cas de von Humbolt, ministre plénipotentiaire de Prusse à Rome dont les deux filles parlent italien avec les domestiques et allemand avec leur père, (Ronjat ne dit pas s’il s’agit de celui qui a donné son nom au courant froid qui remonte le long du Pérou),
  • un professeur allemand qui passe deux ans à Sumatra avec son fils qui grandit exclusivement en malais jusqu’à son retour en Allemagne à 3 ans. Seuls les parents et un domestique, qui apprend l’allemand, parlent malais dans son entourage. L’enfant est passé à l’allemand en moins de 6 mois. Deux mois plus tard, il ne comprend plus les conversations que les parents tiennent en malais.

J’en déduis deux choses essentielles que vous devez connaître pour avoir confiance dans votre capacité à rendre vos enfants bilingues.

  • Même si l’enfant sait que vous parlez la langue dominante, il va continuer à utiliser la langue la plus faible avec vous si l’ancrage affectif est suffisant.

Je pense que l’intensité d’utilisation influe également. Cela signifie que nous pouvons nous servir de ces moments durant lesquels l’enfant change de langue pour repérer que nous devons faire un effort pour soutenir la langue 2. C’est le moment de passer plus de temps avec lui, de lui lire à haute-voix le soir, d’introduire une raison pour qu’il utilise sa langue 2. Et il n’y a pas de meilleure raison pour un enfant que d’avoir des copains de son age avec qui utiliser la langue.

Image d'enfants bilingues

Un jeu entre enfants parlant suédois, serbo-croate, français, russe et espéranto, leur seule langue commune. Crédits photos : Sonja Petrovic

 

Ronjat pense que ces refus d’utiliser la langue la plus faible ne se seraient pas produit avec un ancrage affectif plus fort. Dans le cas du malais, il fait l’hypothèse que la différence de prestige est la cause principale.

  • La différence de prestige entre les langues vous oblige à travailler encore plus le versant affectif. Prenons l’exemple d’Iris, bilingue avec l’espagnol par sa mère et l’école bilingue à Berlin. Les deux parents utilisaient l’espéranto entre eux. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’allemand et l’espagnol sont beaucoup plus prestigieux que l’espéranto qui est sa troisième langue maternelle. Et pourtant, elle le parle couramment et l’attachement affectif à son père la conduit à s’intéresser à la langue elle même au delà du simple usage social de l’espéranto. Et contrairement à ce qu’on pouvait escompter, son apprentissage de l’anglais a rencontré des difficultés pour des raisons affectives.

Pour mémoire, vous pouvez revoir l’interview ci-dessous :

Le livre se termine par l’appendice et de nombreuses notes sur le développement intellectuel de l’enfant sans que leur lecture apporte vraiment quelque chose de nouveau par rapport au reste du texte.

à suivre avec la critique du livre

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