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Hobby : Chercheur de familles bilingues

Posted by on 11 janvier 2013

Le tour du monde des bilingues fait escale aujourd’hui en Belgique, où j’ai interviewé Bart, dont le fils est bilingue de naissance.
Bart a pour hobby de chercher des familles bilingues pour loger chez elles. Une sorte de J’irai dormir chez vous en quelques sortes. Je vous laisse découvrir comment il fait pour les trouver et communiquer. Son fils de 13 ans a déjà dormi dans 26 pays!.

L’interview s’est déroulé dans un bar ce qui explique les bruits de fond.

Voici une transcription in extenso du dialogue.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Est-ce que tu as rencontré beaucoup de familles qui parlent Espéranto ?

Bart : Oui! Mon but est de visiter des familles qui parlent Espéranto

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Est-ce que ces familles ont des enfants bilingues ou trilingues avec au moins l’Espéranto ?

Bart : Oui. A chaque fois il y a l’Espéranto. J’essaie de trouver des familles où les enfants parlent Espéranto.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Comment tu les trouves ?

Bart : En Espérantie, il existe un livre qui s’appelle Pasporta Servo par lequel je peux trouver des gens qui m’hébergent. Et certains d’entre eux ont des enfants. Mais essentiellement il s’agit simplement que je les rencontre quelque part en Espérantie. Et donc comme ça je les connais et on se met d’accord que je puisse leur rendre visite.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Pourquoi est-ce que tu cherches ces familles ?

Bart : Car c’est très intéressant pour pendant quelques jours ou semaines, habiter chez eux, dans d’autres familles, dans un autre pays, habiter avec mon fils pour que mon fils rencontre une autre culture, d’autres manières de se comporter, et mieux connaître les familles. C’est très agréable de jouer ensemble, de faire des choses ensemble.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Est-ce que ton fils parle également Espéranto ?

Bart : Oui, depuis sa naissance

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Qu’est-ce que tu as pu remarquer de particulier dans ces familles ? Est-ce qu’il y a des traits particuliers que tu aurais remarqués ?

Bart : Qu’ils sont ouverts au monde, qu’ils veulent que leurs enfants connaissent plus, soient plus curieux de tout. Ce sont les traits principaux.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Et tu ne pourrais pas le faire par l’anglais ?

Bart : Je pense que cela serait beaucoup plus difficile de trouver des familles qui sont prêts à m’héberger. Je ne saurais pas vraiment comment les trouver. Et également je serais obligé d’aller dans des pays anglophones. Et moi je vais un peu partout, j’étais également au Brésil, en Russie, en Chine, presque tous les pays en Europe. Il y a beaucoup plus de possibilités.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Et dans les familles que tu as visitées, est-ce que ce sont des couples internationaux ou est-ce que c’était des gens qui ont la même langue ?

Bart : Les deux. Des couples internationaux ainsi que des couples qui ont juste une seule langue et l’Espéranto

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Est-ce qu’ils t’ont souvent dit pourquoi ?

Bart : Je suppose que dans les familles internationales, la majorité, je pense qu’ils aiment l’ambiance de l’Espéranto et veulent pouvoir aller à des rencontres avec les enfants et donc là, c’est très intéressant que les enfants également parlent l’Espéranto. Mais ils sont tous convaincus que le plurilinguisme est quelque chose de très important pour les enfants.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Tu n’as toujours parlé que Espéranto aux enfants ou est-ce que tu as utilisé des langues nationales également ?

Bart : Je préfère parler en Espéranto.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Est-ce qu’ils ont un bon niveau ?

Bart : Cela dépend. Il y a des familles, si les enfants parlent Espéranto depuis leur naissance, alors ils ont… Bon, ça peut durer qu’ils avancent, qu’ils parlent couramment, et qu’ils aient une compréhension passive qu’ils doivent activer mais je suis également allé dans des familles où une fois par an, elles rencontrent l’Espéranto et les enfants ne le parlent que durant une semaine. Mais leur niveau est évidemment moins élevé. Mais après quelques jours, ce n’est plus très important.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Donc tu les as aidés?

Bart : Oui. Je sens que je voyage également pour aider ces familles car la plupart de ces familles, l’immense majorité, un des parents parle Espéranto aux enfants mais les enfants ne répondent pas en Espéranto. Donc je les aide pour que les enfants sentent que uniquement par l’Espéranto ils peuvent communiquer avec moi. Et donc qu’ils puissent parler Espéranto. Et sinon pourquoi donc est-ce qu’ils se mettraient à parler Espéranto ? Les parents parlent le russe, le chinois ou une tout autre langue. Et donc dans ce cas-là, ils ne le font pas. Et nous venons, et ils doivent parler Espéranto et ainsi nous les aidons.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Est-ce que ton fils apprend facilement d’autres langues ?

Bart : Il comprend plus facilement les autres langues mais c’est difficile de comparer. Je sais que moi-même, j’ai eu beaucoup de difficultés à apprendre d’autres langues. Et mon fils a moins de difficultés que moi mais cependant, ça n’est pas si simple pour lui. Donc je suppose que si je ne l’avais pas éduqué en Espéranto, il aurait beaucoup plus de problèmes. C’était la raison fondamentale pour laquelle je l’ai éduqué en Espéranto pour qu’il ait moins de problèmes que ceux que j’ai rencontrés.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Quelles langues étrangères parles-tu ?

Bart : Ma langue maternelle est le flamand, j’ai appris le néerlandais à l’école. Je parle relativement couramment l’anglais. Je me débrouille en français et je parle un peu l’allemand.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Mais couramment tu préfères l’Espéranto ?

Bart : A part ma langue maternelle, oui

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Et ton fils, est-ce que tu sais quelle langue il préfère ?

Bart : Les deux : le néerlandais et l’Espéranto mais grâce à l’Espéranto, on est allé parfois dans les pays anglophones chez des familles anglophones aux Etats-Unis et en Angleterre. Mon fils parle également couramment l’anglais. Donc parfois on parle anglais chez nous ; pas souvent mais lorsqu’on regarde un film en anglais ; dans ce cas on parle anglais.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Combien de pays a-t-il déjà visité ?

Bart : Je pense qu’il a déjà dormi dans 26 pays ou à peu près. On avait fait fait le calcul.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Quel âge a-t-il ?

Bart : Il a 13 ans…deux fois plus, oui quelque chose comme ça.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Bien, Merci pour l’interview

Bart : Avec plaisir

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Et bon voyages pour l’avenir.

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9 Responses to Hobby : Chercheur de familles bilingues

  1. Aurelie Papillon-Signe

    Bonjour Cyrille,
    Super article !
    Intéressant de voir comme il est « facile » de voyager grâce à l’Esperanto. La personne a l’air d’avoir une bonne aisance pour « aider » les autres qui pratiquent moins bien.
    Le concept est plutôt sympa : voyager chez l’autochtone, plonger dans la façon de vivre des familles. Cela améliore la perception d’un pays et sa culture, plutôt que juste la « vision touristique » du pays. 😉

    • cyrille, le praticien du bilinguisme

      Bonjour Aurélie,
      Merci. Bart a une bonne aisance car il a une pratique quotidienne. Il suffit que son fils soit présent pour qu’il utilise l’espéranto.

  2. Dominique

    Très intéressant. Mais je trouve bizarre quand il dit qu’il ne saurait pas comment trouver des gens pour l’héberger ailleurs que par l’espéranto. Il existe des tas de sites de « rencontres » pour voyageurs comme Couchsurfing. Ce site là en particulier que je connais bien permet au monde entier de se rencontrer dans toutes les langues… J’ai vraiment hâte d’avoir un peu plus de moyen pour me permettre aussi de voyager !

    • cyrille, le praticien du bilinguisme

      Bonjour Dominique,
      Ceci n’est que mon avis. Je pense qu’il veut dire qu’on a plus que simplement la langue en commun par l’espéranto. Nous avons également décidé de faire un pas vers l’autre, et choisi de le faire par un outil qui met les gens à égalité. Bien sûr, par l’anglais tu vas trouver des Russes qui parlent anglais si tu vas en Russie, des Chinois en Chine, mais pour le reste ? Entrer en contact avec les enfants ? Chercher à comprendre les autres ? Je suis comme lui, après 10 ans à voyager par l’anglais, j’ai décidé de voyager par l’espéranto. Je me sers des autres langues, pour louer une voiture en Pologne par exemple, mais pour confier nos enfants à une garde toute la semaine, je suis servi de l’espéranto. Je n’aurais pas eu la même confiance.

    • cyrille, le praticien du bilinguisme

      Et voici le complément de réponse de Bart à qui j’ai demandé son avis.
      Niaj gastigantoj ne nur ofertas dormadon. Ili plej ofte havas au prenas feriojn, kaj ni ĉion kune faras. Estas kiel vivi en granda familio. Oni vidas kiel la homoj vivas kaj pensas (ĉar oni havas multe da tempo por paroli kaj la homoj estas malfermaj). Ni ankau komune faras ekskursojn kaj oni audis la komentojn kaj vidpunkton de la lokaj homoj, ne nur kion la turismistoj diras. Kaj plej grave, ankau la infanoj havas komunan lingvon kaj ludas kune.
      Ma traduction : « Nos hôtes font plus que nous offrir le coucher. Très souvent ils prennent congés et on fait tout ensemble. C’est comme vivre dans une grande famille. On voit comment les gens vivent et pensent (Car on a beaucoup de temps pour parler et ils sont ouverts). On ait également des excursions ensemble et on entend les commentaires et points de vue des autochtones, pas que celui des professionnels du tourisme. Et le plus important, les enfants ont également une langue commune et peuvent jouer ensemble ».
      C’est ce dernier point qui est pour moi le plus important. Quand tu voyages par l’anglais, et je l’ai fait en Finlande en 2001, tu as toujours des moments où la communication ne passe pas pour des questions de niveaux, et les enfants de 2 et 11 ans étaient totalement exclus des discussions. Alors que par l’espéranto, notre dernière qui a 7 ans est presque totalement autonome. Regardes la vidéo de WRK ou de France3 pour voir les enfants s’exprimer. http://blog-bilinguisme.fr/avis-des-autres/

  3. Dominique

    Je suis d’accord avec toi sauf qu’il faut tomber sur des gens qui parlent l’espéranto… Vous n’êtes quand même pas si nombreux tout de même ;-). Et pour ceux qui ne le parlent pas, ça veut dire encore apprendre une langue « étrangère »… Moi qui ai déjà du mal avec l’anglais et l’allemand… lol
    Bon… après je trouve que l’initiative est excellente, et le principe même de cette langue inventé, je la trouvais plus bonne… juste qu’inciter les gens à l’apprendre ne doit pas être facile d’autant que pour le coup l’école l’a complètement oublié…

    • Cyrille, le praticien du bilinguisme

      Dominique,

      Comment peux-tu être si sûr que peu de gens parlent l’espéranto alors que tu ne sais pas les reconnaitre ni les trouver ?
      Tu dis avoir du mal avec l’allemand et l’anglais, comme beaucoup. Mais pourquoi « déjà » du mal, comme si tu en aurais plus avec l’espéranto alors qu’il a justement été créé pour ne pas poser ces problèmes !
      L’école ne l’a pas oubliée. L’école l’enseignera quand plus personne ne s’y opposera. C’est un phénomène naturel de diffusion des innovations.
      – Moquerie, combat puis acceptation comme si cela avait toujours été ainsi.

      Combien as-tu rencontré de gens qui sont contre le zéro pour des questions religieuses ou idéologiques ? Aucune. Et pourtant, cela n’a pas toujours été le cas. Les changeurs de monnaie de Florence qui utilisaient les chiffres arabes voyaient leur banc rompu, d’où le terme « banqueroute ». Or cela nous semble naturel aujourd’hui. Et malgré leur valeur culturelle, qui fait des divisions en chiffres romains ?

  4. Dominiqie

    C’est une réponse très intelligente… je n’y connais pas grand chose dans l’espéranto, seulement ce que les médias en disaient quand je regardais les infos… autrefois… Après je trouve que l’idée est très belle, qu’elle pourrait permettre à l’ensemble de l’humanité, si effectivement elle était apprise dans toutes les écoles du monde (ou que les les gens voulaient bien l’apprendre volontairement : il n’y a pas que l’école) de se comprendre facilement…. mais ce que je voulais dire c’est : encore quelque chose à apprendre… J’ai l’impression que les gens naturellement n’ont pas envie d’apprendre (en général bien sûr).
    Et je sais bien que ce que les gens rejettent un moment donné de l’Histoire devient ensuite à la mode. Mais il y a aussi ce que les gens rejettent et qui se perd définitivement. Bon c’est un vaste débat et il est vrai que j’aime être « l’avocat du diable » parfois…
    j’aime l’idée des gens intelligents fassent des choses intelligentes…. ce qui est ton cas à ce que j’observe.

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