browser icon
You are using an insecure version of your web browser. Please update your browser!
Using an outdated browser makes your computer unsafe. For a safer, faster, more enjoyable user experience, please update your browser today or try a newer browser.

La gestion de projet du bilinguisme précoce – Quand passer à l’action ?

Posted by on 4 septembre 2012

Cet article participe à l’évènement Penser et Agir, à quel moment vous devez passer à l’action ?
Cet évènement est hébergé chez Mathieu du blog Penser et agir.

J’œuvre dans le domaine peu connu du bilinguisme précoce. C’est un domaine de l’éducation des enfants où le temps ne se déroule pas au même rythme que dans bien des domaines. Le bilinguisme précoce est le meilleur moyen pour assurer un haut niveau en langues étrangère à votre enfant et le rendre bilingue mais ce n’est pas une baguette magique.

Image d'un nourrisson

L’enfant bilingue ne va pas grandir plus vite que les autres.

Ce n’est pas un remède miracle face au temps. En effet, un enfant bilingue grandit en deux langues mais il ne grandit pas plus vite pour autant.

Quand le temps ne compte pas

De nombreuses idées erronées circulent à propos du bilinguisme précoce mais vous avez tout le temps de les dissiper et de penser avant la naissance de vos enfants.

Sachant que les générations actuelles voyagent à l’étranger entre 20 et 25 ans et ont leur premier enfant en moyenne à 28 ans, vous pouvez disposer d’au moins 3 ans pour étudier le phénomène, lire les résultats des études scientifiques, vous approprier des ouvrages de vulgarisation et chercher des témoignages pour vous forger une opinion. A ce moment-là, le temps ne compte pas. Rien ne vous presse pour agir.

Image d'un cadran solaire et d'une horloge

Le temps ne s’écoule pas de la même manière à tous les stades du projet.

Le temps de la réflexion est d’autant plus important que certains aspects peuvent être étudiés bien avant d’être confronté aux évènements. Il s’agit par exemple de la réaction de votre entourage.

Imaginez que vous décidez de scolariser votre enfant dans une école bilingue paritaire français-anglais. Vous pouvez entrevoir que votre enfant utilisera les deux langues dans sa vie et qu’un jour, il demandera de l’aide pour faire ses devoirs en mathématiques dans cette langue.

  • Si vous maitrisez la langue et avez étudié les mathématiques en anglais, vous n’aurez pas de soucis. Si vous comprenez la langue mais pas les mathématiques, vous aurez de l’appréhension.
  • Si la personne chargée de garder ou d’aider l’enfant ne parle pas la langue, comment va-t-elle réagir ? Je connais des familles ayant renoncé au bilinguisme précoce simplement sur la peur de ne pas pouvoir aider les enfants dans la seconde langue.

La théorie est pourtant simple. Même si votre langue maternelle n’est pas celle utilisée par l’enfant dans ses leçons, vous utilisez quand même votre langue maternelle. Implicitement, cela signifie que vous connaissez le vocabulaire consacré de cette discipline dans votre langue. Quand il s’agit de votre langue maternelle, je suis en droit de supposer que vous la maitrisez. De toute façon, l’enfant connaîtra le vocabulaire dans les deux langues d’autant mieux qu’il doit se servir des deux langues pour traiter des sujets de sa vie courante. Tôt ou tard, il finira par traiter le sujet dans la langue dominante et compléter ainsi son lexique.

Si votre conjoint est étranger et que vous ne comprenez pas la langue en question, la situation sera plus complexe. Est-ce que vous comprenez un énoncé de mathématique en polonais par exemple ?

L’enfant pourra interpréter l’énoncé en français s’il souhaite vous demander de l’aide à propos des mathématiques. Sinon, vous pouvez anticiper que vous aurez besoin d’un niveau minimal dans la seconde langue, non pas à cause des mathématiques, mais simplement pour la vie normale de votre famille.

Ce besoin est prévisible, vous avez le temps d’apprendre la langue avant la sixième année de votre enfant quand il aborde l’écrit. Vos besoins et les réactions de votre entourage peuvent être anticipés. Dans ce sens, le temps ne compte pas.

Quand « maintenant » signifie « bientôt trop tard »

Entre le moment où j’ai pris conscience de l’intérêt d’une éducation en deux langues et le moment où j’ai concrètement mis mon ainée à l’écoute d’une deuxième langue, deux ans ont passé. Pourquoi avoir gaspillé 24 précieux mois ?

Tout simplement parce que la solution qui s’offrait à moi ne s’est pas concrétisée.

Nous étions en pleine réflexion, la période durant laquelle le temps ne compte pas, quand une garde d’enfant néerlandophone s’est présentée à nous. Elle ne parlait pas le français, qui est notre langue maternelle, et nous ne voulions pas qu’elle parle anglais parce que ce n’était pas sa langue maternelle.
Nous étions prêts à rendre notre enfant bilingue avec le néerlandais, une langue que nous ne parlions pas. Nous étions prêts à agir car le temps passait et notre ainée avait déjà 3 ans. Mais elle a trouvé un autre travail, et notre plan a échoué.

Ne répétez pas mes erreurs. Je n’ai découvert la solution que l’année suivante et j’ai encore pris un an de réflexion avant de réagir. En conséquence, notre fille ainée a vécu ses 5 premières années comme un enfant monolingue.

Il est très simple de savoir quand la phase de réflexion est terminée en matière de bilinguisme précoce car le processus est piloté par les besoins de l’enfant. A sa naissance, le chronomètre s’enclenche et la fenêtre d’opportunité se refermera 7 ans plus tard.

Image d'un pistolet de départ

Crédits photo : Luke X Martin CC-BY-NC-ND 2.0

Entre ces deux moments tout est possible à condition d’agir.

Quand il est temps de réagir

Dans le cas où vous introduisez une langue qui n’est pas votre langue maternelle et que vous ne maitrisez pas parfaitement, ce qui fut mon cas, le temps joue contre vous. Il s’écoule doucement au début car le nourrisson a peu de conversation et les phrases que vous échangez avec lui sont simples et routinières. Elles ont le mérite d’être répétitives. Il est très facile d’être dans le bon rythme et d’acquérir deux ou trois mots par jour.

Par la suite, le temps s’accélère car l’enfant maitrise de mieux en mieux le langage pour parler de choses de plus en plus variées. Il le fait d’abord dans la langue dominante, puis, un jour, arrive l’explosion linguistique dans la seconde langue. L’enfant répond dans sa langue la plus faible, et il acquiert alors des dizaines de mots par jour.

Saurez-vous apprendre plus vite que lui ?

Mon pari était d’apprendre l’espéranto plus vite que les enfants ne grandissent et de m’en servir comme langue de bilinguisme précoce. Quand j’ai pris la décision, je ne percevais pas tous les enjeux, mais j’ai gagné mon pari grâce à quelques techniques personnelles de lutte contre le temps.

Que faire quand le train est passé ?

Si vous réfléchissez ou que vous arrivez trop tard car vos enfants ont déjà 10 ans, je peux vous assurer que le train de la précocité est passé. L’école de la république et les tenants du apprend d’abord correctement le français avant de vouloir apprendre une langue étrangère vous diront que vous l’avez échappé belle. Vous auriez mal agi.

Il n’en est rien et vous pouvez avoir des regrets. Surtout si vous aviez la possibilité de le faire naturellement dans la famille par une langue régionale. Mais les regrets ne vous serviront à rien. Il vous reste néanmoins une carte pour rattraper le temps perdu.

Plusieurs études ont démontré, sur des enfants de cet âge, que l’enseignement de l’espéranto en classe durant 2 ans, avant de passer à l’apprentissage d’une langue étrangère pendant 2 ans supplémentaires, produisait de meilleurs résultats que l’étude de la langue étrangère durant les 4 années.

En décidant d’enseigner l’espéranto à un enfant de 10 ans, on peut rattraper une partie du temps et préparer l’apprentissage ultérieur de l’anglais ou l’allemand. Le phénomène n’a pas été étudié avec les langues asiatiques. Tout se passe comme si l’acquisition consciente d’une langue régulière et combinatoire donnait le gout de la langue à l’enfant. Il se décrispe et apprend les mécanismes dans un environnement sécurisé par la régularité et la facilité de l’espéranto.

Penser et agir, quel ratio ?

J’ai présenté le bilinguisme précoce, et ma stratégie pour le rendre accessible à tous, à plusieurs centaines de personnes depuis 5 ans. J’ai rencontré plus d’une dizaine de familles qui avait réussi en appliquant la même stratégie, avec la même combinaison de langues ou pas.

Qu’est-ce qui explique une division par 10 entre le nombre de gens qui pensent et ceux qui agissent ?

Reprenons mon analyse par les 6 niveaux de résistance au changement.

C’est une de mes techniques fétiches ; j’explique qu’on ne peut atteindre un niveau qu’en ayant traité le niveau précédent. Vous ne pouvez toucher la dernière poupée russe qu’en ayant ouvert la précédente.

  • Au niveau 1, la plupart des familles n’a pas conscience que l’éducation nationale propose des méthodes ayant un taux d’échec de 70 %. Ils ne voient donc pas le problème.
  • Au niveau 2, le problème de la famille est d’être monolingue et ils savent que le bilinguisme ne concerne que des familles binationales. Ils connaissent mal les solutions, comme l’école bilingue paritaire ou n’en ont pas à proximité. Ils ne connaissent pas la solution que je propose par l’introduction de la langue construite espéranto.
  • Au niveau 3, ils ne sont pas d’accord pour introduire une langue dans leur quotidien ou celui de leurs enfants. La solution ressemble à de la science-fiction pour eux. J’ai rencontré des familles, dont les enfants vont dans des écoles paritaires français-allemand, et chez qui l’allemand n’a aucune place. Ils n’ont pas de contact en Allemagne, ne passent pas de vacances en Allemagne, n’ont pas de films en allemand, ne regardent pas la télévision en allemand. Il ne faut pas s’étonner de l’échec. Ils ont agi pour leur enfant mais lui ont sous-traité leurs rêves. Eux-mêmes n’ont rien modifié à leur vie, et je soupçonne qu’au fond d’eux-mêmes, ils étaient d’accord pour recevoir mais n’étaient pas prêt à donner.
Image de poupées russes

Comme les poupées, chaque niveau ne peut être touché qu’en ouvrant la précédente.

  • Au niveau 4, on retrouve l’opposition très connue : ça ne marchera jamais. Les gens ne comprennent pas que la solution va ouvrir la porte à l’apprentissage ultérieur des autres langues et une meilleure maitrise de la langue maternelle. C’est une résistance que l’on peut traiter par l’information et l’explication mais elle est consommatrice de temps. Pendant qu’on explique, le temps passe, les générations perdues également.
  • Au niveau 5, Oui, mais… nous permet de repérer les oppositions de gens qui sont prêt à agir mais qui sont effrayés par les conséquences de leurs actes. Oui, la solution que je propose va bouleverser votre vie et potentiellement engendrer des effets négatifs. Une fois de plus, la réflexion et la pensée permettent d’anticiper et d’atténuer ou bloquer les effets négatifs prévisibles.
    • Au niveau 6, la personne voit les obstacles que les autres peuvent mettre sur sa route.

    • Si je mets mon enfant en école bilingue, que vont penser mes voisins ?
    • Si j’apprends l’espéranto et que je le parle à mon bébé, on va me prendre pour un fou. Rassurez-vous, on me prend pour un Italien ou un Portugais mais rarement pour un fou. De plus, le regard des autres n’est pas létal.

Quand tous ces niveaux de résistance sont traités, il reste un dernier niveau à ne pas sous-estimer. Il s’agit de la peur non exprimée. Je ne sais pas si nous en sommes en présence du phénomène que les anglo-saxons appellent paralysis by analysis mais je sais que les 6 niveaux de résistance au changement est un bon outil pour comprendre ce qui bloque les autres face à l’action.

En conclusion

Le temps est un allié des familles qui désirent des enfants bilingues précoces et quand on sait l’exploiter. Si le but vous intéresse mais le chemin vous semble nébuleux, votre première action sensée est de vous abonner à mon flux RSS. Faites le maintenant.

ouvrez-cerveau-petit Découvrez
les 7 clés pour donner une seconde langue naturellement à votre enfant en vous inscrivant ci-dessous :
pour recevoir des conseils pour ouvrir le cerveau de vos enfants à 2 langues. En cadeau, je vous offre mon livre et des interviews inspirants ! Conformément à la loi "informatique et liberté" du 6 janvier 1978 modifiée en 2004, vous disposez d'un droit d'accès et de modification de vos données que vous pouvez exercer dans chaque message reçu, et cette liste est déclarée à la CNIL sous le n°1652673.

2 Responses to La gestion de projet du bilinguisme précoce – Quand passer à l’action ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *