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Des enfants bilingues aux Pays-Bas

Posted by on 6 octobre 2012

Le tour du monde des bilingues fait escale aujourd’hui aux Pays-Bas, même s’ils n’y habitent plus aujourd’hui, où j’ai interviewé Fabienne, dont les enfants sont trilingues français-néerlandais-hongrois.




Posez vous cette question essentielle. Qu’auriez-vous fait à leur place ?
Auriez-vous pensé avoir des enfants bilingues avec le néerlandais ?
Répondez à cette question dans les commentaires de l’article.
Je suis très curieux de connaître votre avis dans ce domaine.

Voici une transcription in extenso du dialogue.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Voici ce qui m’intéresse, c’est en fait votre expérience : un couple franco-hongrois qui arrive au Pays-Bas. Comment les enfants se sont adaptés à cette situation ?

Fabienne : Mais ils sont nés au Pays-Bas, donc ils n’ont pas eu d’adaptation à faire à un pays étranger, ils ne venaient pas de l’étranger. Ils sont nés au Pays-Bas.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Cela ne les a jamais choqué si vous ne parlez pas néerlandais ?

Fabienne : … Non ! Absolument pas !

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Ils ont appris le néerlandais en allant à l’école ?

Fabienne : Non, les deux, pour le premier et deuxième enfant c’était la même situation, à l’âge de 4 mois, ont été chez une nourrice hollandaise. C’était évident que j’avais besoin de cette nourrice pour partir au travail. Et puis c’était évident que seule une nourrice hollandaise, à leur âge de 4 mois, pourrait leur parler hollandais, pour qu’ils acquièrent la langue hollandaise. Donc, la nourrice avait des craintes mais nous n’avons jamais eu des craintes. Ils étaient trilingues assez tôt. La langue hollandaise n’était pas une langue étrangère. Ils n’étaient pas à l’étranger. Ils n’avaient pas connu d’autres choses. C’était la langue de Ada, la nourrice et des autres enfants, de tout le monde et dans la rue aussi. Ils ne se posent pas de questions.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : La nourrice avait des craintes ? Elle les exprimait comment ?

Fabienne : Des petites craintes pratiques parce que les bébés étaient jeunes. Elles n’ont rien à voir avec la langue. Donc ce n’était pas des craintes. Quand on s’est présenté à elle, à la première ou deuxième rencontre, on lui a tout de suite donné cette valorisation, on lui a tout de suite dit : Grâce à vous, notre enfant pourra parler néerlandais. Peut-être que personne ne lui avait dit ça ou elle n’avait jamais eu d’enfant d’étranger, mais je pense qu’elle a apprécié. Et c’était presque une responsabilité.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : C’est une responsabilité.

Fabienne : Elle se posait des questions, elle trouvait ça curieux, bizarre, toutes ces langues. Je ne me souviens pas trop. Peut-être qu’elle s’imaginait qu’un tout petit nouveau né ne comprendrait pas ce qu’elle lui disait puisque c’était un enfant qui n’était pas hollandais. C’était avant d’avoir le bébé. Quand elle l’a eu ses craintes se sont arrêtées. Elle a arrêté ses angoisses. Nous avons toujours été très tranquilles, rassurés et cools…

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Et vous n’avez jamais eu de craintes pour le niveau du français ou le niveau de hongrois des enfants ?

Fabienne : Non, puisque ça nous semblait évident que, comme tous les enfants, pour qu’ils apprennent à parler, il faut leur parler beaucoup, bien, correctement, et éviter les erreurs, ne pas leur parler bébé, enfin, comme tous les jeunes parents d’aujourd’hui le font avec leurs enfants. C’est fini de parler bébé aux enfants. A part ça, c’était évident que le français et le hongrois ne seraient donnés que par nous. Alors, on se divise le temps. Si je passais plus de temps avec le petit, le soir au moment du coucher, il fallait que ce soit Istvan qui raconte une histoire ou qui lise un livre pour essayer d’équilibrer le temps de parole hongrois-français. Et on s’est vite rendu compte que, assez vite, vers l’âge de 1an-2ans, qu’il y avait un vocabulaire hongrois et un vocabulaire français qui n’étaient pas le même.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Ce n’étaient pas les même livres ?

Fabienne : Non, ce n’était pas les mêmes situations de rencontre avec le père ou la mère. Istvan emmenait le petit chez Ada, la nourrice, sur son vélo, et faisait des commentaires sur tout ce qu’il voyait dans la rue. Donc, Klara avait un vocabulaire de la rue en hongrois qu’elle n’avait pas en français. Et elle avait un vocabulaire à la maison qu’elle n’avait pas en hongrois parce qu’Istvan n’avait peut-être pas passé du temps avec elle à faire de la peinture à la maison.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Comment est-ce qu’on ramène le niveau du vocabulaire dans chaque langue au même niveau ?

Fabienne : Quand on s’en est rendu compte, on le rattrape par des répétitions. On est en promenade tous les trois avec le bébé, le petit, puisque là il s’agissait de tout petit, on se promène dehors, Istvan raconte encore un truc sur : Oh, regarde cette fleur-là, ça s’appelle comme ça en hongrois par exemple. Il ne dit pas Cela s’appelle comme ça en hongrois ! Il dit : Oh, regarde la belle tulipe rouge ! Comme elle a des pétales d’une drôle de couleur !. Et je m’y intéresse et je rajoute mon commentaire, je double le commentaire. A la maison, c’était pareil. On double le commentaire pour rajouter l’autre langue. Tout naturellement.

Quand elle avait 6-7 mois, j’ai commençé à noter ses mots. Une colonne pour le français, une colonne pour le hongrois, une colonne pour le néerlandais. J’aime bien les colonnes, les schémas, je calcule. Cela m’a permis de me rendre compte qu’il y avait un petit écart entre le français et le hongrois parce que je passais plus de temps avec ma fille qu’Istvan. Cela s’est vite vite rattrapé au bout de quelques mois. Par cette liste de mots, on s’est rendu compte de la différence de vocabulaire, non pas en quantité mais en champs d’intérêt.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : En champs sémantique différents ?

Fabienne : …Oui, c’était rigolo. Cela nous a permis peut-être d’insister. Si je n’avais pas fait cette liste, peut-être qu’on ne se serait jamais rendu compte qu’elle avait des vocabulaires complètement différents.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Et le vocabulaire en néerlandais, du coup, c’était celui de l’école ?

Fabienne : C’était celui de Ada, la nourrice, parce que l’école ne commence qu’à 4 ans.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : D’accord ! Comme troisième jeu, un troisième champs sémantique ?

Fabienne : Après, c’était l’école. Mais s’il n’y avait pas eu Ada, comme beaucoup d’enfants d’immigrés, elle n’aurait eu la langue néerlandaise qu’à l’âge de 4 ans.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : C’est tard !

Fabienne : Moi, je trouve que c’est très tard ! Donc, quand elle est arrivée à l’école à l’âge de 4 ans, contrairement aux autres enfants de ce quartier populaire ayant beaucoup d’enfants immigrés, elle parlait néerlandais couramment, Les autres enfants apprenaient la langue et le b.a-ba de la langue à 4 ans alors qu’elle savait déjà lire. Donc, il y avait un gros écart. On était très contents du résultat en néerlandais.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Est-ce que vous parliez néerlandais ?

Fabienne : Non, pas du tout ! Istvan a apprit le néerlandais. Il l’aurait parlé encore mieux qu’on n’aurait toujours pas parlé néerlandais à la maison. Pourquoi faire ? On a toujours été sûr et certain qu’en restant dans le pays, sachant que la langue de la rue est la langue dominante, nos enfants parleraient de toutes façons néerlandais, que la langue néerlandaise serait dominante et que la difficulté serait de garder les langues parentales. Il fallait les garder et la seule façon de les garder, c’est de toujours parler en hongrois et français.

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Ce que vous aviez en tête en arrivant :

  • PAYS BAS BILINGUISME

6 Responses to Des enfants bilingues aux Pays-Bas

  1. NOIREAU

    Komence de la teksto estas 2 eraretoj en « ont été chez une nourrice Hollandaise. C’était évident que j’avais besoin de cette nourrice pour partir au travail. Et puis c’était évident que seule une nourrice Hollandaise »
    Simple forigu la majusklon ĉartemas pri adjektivoj.
    Pri la uskleco de loĝantoj, mi trovis tiun klarigon en Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Gentil%C3%A9
    Kore,

  2. Elisabeth Barbay

    Ça m’a fait plaisir, de voir et d’écouter Fabienne. J’avais accueilli toute la famille chez moi, il y a quelques années et confirme que les enfants sont polyglottes. De plus, ils sont nettement plus « éveillés » que la moyenne. Une éducation bien pensée, possible avant tout grâce à la grande implication des parents. Bravo ! Elisabeth

  3. cyrille, le praticien du bilinguisme

    Bonjour Elisabeth,
    On voit bien que c’est possible à condition que les parents sachent ce qu’ils veulent dès le début. J’ai l’impression que c’est là le facteur critique : la capacité à anticiper de nombreuses années auparavant.

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