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Des enfants bilingues français-japonais

Posted by on 20 octobre 2012

Le tour du monde des bilingues vous propose deux escales en une seule. En Allemagne et au Japon.

Pourquoi l’Allemagne et le Japon ?

C’est la première fois que j’interviewe un adulte bilingue dont les enfants sont également bilingues. Dans les étapes précédentes, nous avons rencontré des parents qui ne sont pas bilingues de naissance mais dont les enfants sont bilingues. Des parents qui disent que leur enfant bilingue est le plus heureux du monde, c’est bien, mais un bilingue précoce qui rend ses enfants bilingues précoces, c’est encore mieux.

Aujourd’hui, j’ai le plaisir d’interviewer Alain Lauffenburger, professeur à l’université du Cœur Immaculé de Kagoshima et spécialiste de l’acquisition de la langue 2. Alain est bilingue précoce français-allemand mais vit au Japon avec une interprète japonaise. Ce sont des spécialistes des langues qui savent ce qu’ils font. Appréciez d’autant plus leurs conseils.

Découvrez leur bilinguisme français-japonais et la place qu’ils ont fait à l’allemand et l’anglais.

Voici une transcription in extenso du dialogue.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Vous avez essayé de maintenir l’allemand également avec le français ?

Alain : Oui, Nous sommes dans notre mariage dans une situation de trilinguisme, même de quadrilinguisme avec pour ma femme, le japonais, l’anglais, et moi le français et l’allemand. En fait, on connaît tous les deux ces quatre langues plus ou moins bien. Et donc, la question se posait comment on allait combiner les quatre langues ?. Notre but était évidemment que les enfants connaissent les quatre langues à la longue.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Et aujourd’hui, est-ce que les enfants connaissent les quatre langues  ?

Alain : Dans une certaine mesure oui, tout à fait. Alors on a un peu tâtonné.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Ils connaissent ces langues de manière passive ou active ?

Alain : Soit passive soit active. Donc ils sont activement bilingues japonais-français, le japonais, langue dominante quand même puisqu’ils grandissent au Japon. Ils vont à l’école au Japon. L’aîné connaît déjà assez bien l’anglais. Et puis il a fait de l’allemand aussi. On a de l’allemand en famille, donc il comprend beaucoup mais il ne le parle pas. Mais il l’a parlé.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Il l’a parlé ?

Alain : Il l’a parlé ! C’est un peu curieux parce que je me rappelle que mon cousin germain qui habite en Suisse alémanique, m’a dit un jour : Alain, je t’informe que ton fils parle allemand avec mon fils mais il le faisait, je pense, consciemment quand je n’étais pas là. Il ne voulait pas que je l’entende parler. Donc je ne l’ai jamais vraiment entendu parler sauf une fois, avec des petites Canadiennes qu’on avait rencontrées sur un terrain de jeu. Et alors, c’était très intéressant parce que la petite Canadienne disait : That’s mine et lui il disait Nein, das ist mein, No, that’s mine ! (rire). Chacun parlait sa langue et cela marchait, comme quoi ce sont presque des dialectes d’une même langue.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Quand tu dis : On a un peu tâtonné, qu’est-ce que ça veut dire ?

Alain : J’avais envie de passer à mon fils mes deux langues, en plus du japonais de ma femme, puisque je suis bilingue français-allemand. Et donc je me demandais comment faire et j’avais une idée. C’était :

  • quand je suis seul, je lui parle en allemand,
  • et quand on est tous ensemble avec ma femme, et plus tard, le petit frère, on parle tous français

En fait, ça n’a pas marché.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Pour quelles raisons ?

Alain : Et bien, on s’est rendu compte que finalement, les enfants (puisque après, le petit frère est arrivé) préféraient le système un parent-une langue. C’est un système qui les sécurisait parce que c’était automatique. Si je parle à papa, je parle en français, si je parle à maman, je parle en japonais. On n’a pas à réfléchir, ça vient tout seul.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : C’est le système que tu conseillerais aujourd’hui ?

Alain : Je trouve que c’est formidable ! C’est le plus rassurant, c’est le moins angoissant, c’est plus automatique. Cela crée vraiment de l’automatisme. Enfin, on n’a pas à réfléchir, ça vient tout seul la langue du père et la langue de la mère.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Qu’est-ce qu’on aurait pu faire dans un tel cas alors, pour maintenir l’allemand ?

Alain : Il faut trouver autre chose. Nous l’avons mis à l’école maternelle bilingue en Alsace pendant les périodes où nous étions en Alsace, c’est-à-dire le mois de septembre pendant trois ans, ce qui lui a donné quand même des bases. C’est une des choses qui a fait qu’il comprend beaucoup l’allemand. Je suis très étonné de ce qu’il comprend.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Tu as tout même sauvé quelque chose, même s’il n’y a pas de trilinguisme.

Alain : il y a quelque chose, c’est assez passif, c’est une base le jour où il voudra faire de l’allemand, il pourra s’appuyer là-dessus. Donc c’est positif. Et puis il est à l’aise, ça ne lui fait pas peur.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Et l’école bilingue en Alsace, c’était pas trop en arrivant du Japon et en venant pour renforcer le français.

Alain : Beaucoup de gens ont dit Oh la ! la ! Une folie de plus !. Déjà le bilinguisme, certains trouvaient que c’était de trop, que les pauvres auraient des problèmes…qu’ils n’en ont jamais eu. Une troisième langue ? Beaucoup de gens ont dit : Oh la ! la ! c’est de la folie, de trop quoi ! Mais en fait, il n’y a pas eu de problème. C’est très bien. On a posé des bases dans une troisième langue, qui favorise aussi, je suppose, l’apprentissage de l’anglais, qui est venu par-dessus.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Et vous avez le sentiment que leur niveau d’anglais est beaucoup supérieur à celui du Japonais moyen.

Alain : Pour l’aîné, en tout cas, oui ! Oui, pour deux raisons, c’est grâce au français parce qu’il y a beaucoup de mots français en anglais. Et l’allemand en plus, bien sûr. Il a un avantage incroyable.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Merci beaucoup.

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Ce que vous aviez en tête en arrivant :

  • bilingue français japonais

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