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Tout est dans le dosage ma bonne dame

Posted by on 2 novembre 2012

Cet article est publié avec le consentement du pétitionnaire qui a généreusement accepté de faire profiter les autres familles de nos réflexions communes. Il vous suffit de remplacer le mot esperanto par toute autre langue que vous souhaiteriez utiliser pour rendre vos enfants bilingues, si l’un des parents a cette langue pour langue maternelle.

La prise de conscience

J’ai reçu récemment un message qui n’était pas vraiment une demande de conseils mais qui marquait une certaine prise de conscience de l’intérêt de rendre ses enfants bilingues.
Mi ja intencas paroli nur Esperanton al Magda kaj eble mi ankaŭ parolos Esperanton al la patrino, kiu sufiĉe regas ĝin por kompreni. Estos bona okazo plibonigi ŝian nivelon!

Tamen, dum longa diskuto ne tre facilas tiel miksi du lingvojn, do mi jam komencis legi vian interesan blogon Cyrille kaj mi daŭrigos por pli detale malkovri vian sperton antaŭ peti pliajn konsilojn!

Voici la traduction en français de ce message :

J’ai l’intention de ne parler qu’en espéranto à Magda et peut être également à sa mère, une langue qu’elle maîtrise suffisamment bien pour comprendre. C’est un bon moyen de faire progresser son niveau !

Cependant, durant une longue discussion, ce n’est pas facile de mélanger deux langues, donc j’ai déjà commencé à lire ton blog très intéressant, et je vais continuer pour découvrir ton expérience plus en détails avant de demander conseil.

Pour rendre la compréhension plus facile, je vais partir du principe qu’il s’agit d’un couple de français qui cherche à mettre en place un bilinguisme français-espéranto, la mère parle français et que le père parle espéranto. Le message émane du père. La situation est identique à la mienne et celles de mes enfants.

Que puis-je faire pour les aider à rendre leur enfant bilingue ?

Combien d’idées a mon interlocuteur et sont-elles pertinentes ?

  • Ne parler qu’en espéranto à l’enfant. C’est l’application du modèle UPUL du point de vue de l’enfant. C’est une bonne idée.
  • Parler également en espéranto à la mère, qui maitrise suffisamment bien la langue pour comprendre.

Je ne connais pas le niveau d’espéranto du conjoint mais je sais d’expérience que les gens ne soupçonnent pas l’abime qui sépare un locuteur occasionnel d’une personne qui s’en sert dans toutes les circonstances, tous les jours pendant des années.

Faisons des hypothèses.

Si la mère ne parlait pas du tout la langue du père

C’est une bonne idée pour que la mère améliore son niveau. En commençant dès le début, elle a entre 2 et 6 ans avant que l’enfant ne se mette également à produire des conversations avec le père. Elle n’a pas de pression, elle peut assimiler la langue au même rythme que l’enfant.

Il est par contre impensable de ne parler que cette langue entre les époux. En effet, le modèle UPUL n’a pas besoin d’être appliqué vis-à-vis de la mère !
En passant au tout espéranto immédiatement, on la prive du temps pour assimiler à partir de conversation simples et concrètes qui se tiennent entre le père et le bébé, comme manger, dormir, boire, jouer, aller sur les genoux etc.
Il faut lui laisser le temps d’accepter l’arrivée d’une langue dans son foyer.

Si les époux ne s’en servent pas entre eux, est-ce que cela met en danger le modèle UPUL du point de vue de l’enfant ?

L’enfant entend le français de sa mère et l’espéranto de son père, puis d’un coup, le père émet du français à l’attention de la mère. L’enfant va-t-il en déduire que le père comprend le français ? Oui mais curieusement, l’enfant n’en déduira pas qu’il est exempté d’utiliser l’espéranto vis-à-vis de son père. Je pense que le passage à la phase active est ralenti, l’enfant aura peut-être besoin de 6 ans au lieu de 3 ans pour répondre à son père par la même langue, mais si les autres conditions nécessaires sont remplies, la phase active finira par arriver un jour.

Bien sûr, la quantité d’espéranto échangée entre les époux aidera l’enfant à renforcer son vocabulaire. La légitimité de la langue va croitre dans la famille, mais le père n’est pas obligé de ne plus parler le français. Il ne doit jamais s’adresser à l’enfant en français dans le cas d’un bilinguisme précoce simultané. Dans mon cas, mon ressenti est justement que je peux adapter mes efforts à mon niveau de fatigue ou ma maitrise du sujet en m’adressant à mon épouse. Si je suis fatigué, je reste dans ma langue maternelle.

Si la mère ne veut pas entendre parler de la langue du père

A court terme, le modèle UPUL est appliqué vis-à-vis de l’enfant. Le père change de langue en fonction de l’interlocuteur. Petit à petit, il va développer une bonne maîtrise de cette gymnastique, et au bout de 6 ans, les conversations père-fille seront incompréhensibles pour la mère.

Que va-t-il se passer ? La langue la plus faible va devenir l’enjeu d’un conflit.

Toutes les autres initiatives du père pour renforcer l’usage de l’espéranto vont devenir autant de menaces pour l’unité de la famille. L’enfant sera pressé de choisir entre son père et sa mère. C’est ainsi que la langue dans laquelle on s’exprime devient un acte politique. J’exagère un peu, mais c’est le cas de la langue des minorités et des migrants quand les enfants de deuxième génération essaient de vivre dans deux cultures à la fois. Les enfants le vivent peut être très bien, mais ce n’est pas forcément le cas de leur entourage.

Si la mère ne veut pas entendre parler de cette langue et refuse tout effort pour atteindre une compréhension passive, je ne vois pas comment le bilinguisme précoce peut réussir. Mon conseil est d’avoir tout de suite une profonde discussion sur les objectifs du couple quant aux langues pour ses enfants.

Bienheureux les ignorants

J’ai personnellement la chance de ne pas m’être posé toutes ces questions, que je n’avais pas vues quand j’ai lancé la famille dans cette voie. J’ai surtout une chance encore plus grande que mon épouse ait suivi et soutenu le projet, même si elle ne savait pas non plus où nous allions.

Pensez-vous être aussi chanceux et pouvoir développer un bilinguisme précoce chez vos enfants ?

Exprimez vous dans les commentaires.

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5 Responses to Tout est dans le dosage ma bonne dame

  1. Anne Catherine

    Le site que je recommande pour l’organisation de séjours linguistiques est http://www.abroadexchange.com. Développer le bilinguisme précoce, un concept que je partage amplement. Le monde du travail est semé d’embuches et la maîtrise des langues étrangères est une de ses principales attentes.
    Abroadexchange vous permet d’organiser vous même votre séjour linguistique avec la famille de votre choix.
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    • cyrille, le praticien du bilinguisme

      Bonjour Anne Catherine,

      Merci pour l’information. C’est peu ou prou ce que nous faisons avec nos enfants par notre réseau de contact privé. Si tu suis le lien « Amy Shulter en voyage » (Voir le pavé des liens dans la colonne de droite), tu en auras la preuve vivante.

  2. Stéphane Veyret

    Pensez-vous être aussi chanceux et pouvoir développer un bilinguisme précoce chez vos enfants ?

    Malheureusement non.

    Lorsque ma première fille est née, j’ai voulu la faire baigner dans des langues étrangères. À l’époque, je ne me posais pas vraiment de questions sur les différentes langues étrangères, j’avais tendance à adhérer au sophisme commun « international = anglais ». J’essayais donc de montrer à ma fille quelques dessins animés en anglais, en changeant la langue des quelques DVD que je possédais.

    Plus tard, j’ai réalisé à quel point l’anglais omniprésent pouvait être négatif pour tout le monde (y compris, quand on regarde bien, pour les anglo-saxons), et j’ai commencé à apprendre l’espéranto. Comme je n’ai pas beaucoup de temps à y consacrer, mes progrès sont trop lents pour que je ne fasse que parler cette langue avec mes enfants. Et comme mes enfants ont grandis, ils sont maintenant, par définition, trop vieux pour un apprentissage précoce.

    D’autre part, je voulais témoigner sur la langue devenant « l’enjeu d’un conflit ». En effet, ma démarche m’est venue naturellement, et je n’ai pas eu l’idée d’en parler à ma femme avant. C’était une mauvaise idée. Elle s’est en effet opposée à mes actions, tant pour l’anglais (elle ne voulait pas que ma fille soit perturbée par cette langue qu’elle ne pouvait pas comprendre) que pour l’espéranto (dont elle ne voyait pas l’intérêt).

    J’espère mieux réussir ma prochaine vie ! 😉

    • cyrille, le praticien du bilinguisme

      Bonjour Stéphane,

      Je pose toujours cette question, « Si c’était à refaire » aux personnes que j’interview. C’est une question délicate car il est difficile de regarder nos erreurs en face dans un domaine aussi émotionnel que la langue et les enfants. Alors quand les deux sont ensemble, c’est encore pire.

      Pour l’aspect précoce, c’est vrai qu’il faut avoir eu la chance de pouvoir s’y prendre au bon moment. Mais, je reste persuadé que l’espéranto est un cadeau à tout âge, et pourquoi pas à 10, 15, 20 ans ? Je connais plusieurs personnes qui l’ont appris tardivement, à l’école vers 10 ou 11 ans, et qui en ont quand même tiré pas mal d’avantages pour leur vie actuelle. Je pense notamment à l’actuelle vice-présidente d’Espéranto-France, chargée de la culture et des congrès. Quand j’avais le temps d’être correcteur dans le programme ikurso, j’ai eu des jeunes de 12 ou 13 ans comme élève par internet, aiguillés par les grand-parents. Je suis sûr qu’ils en profiteront quand ils chercheront des stages ou simplement à sortir des sentiers battus.

      Garde espoir.
      Cyrille

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