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Des enfants naturellement trilingues

Posted by on 23 novembre 2013

Le tour du monde des bilingues fait escale aujourd’hui en Allemagne où j’ai interviewé Nikola, dont les enfants sont trilingues avec le français, l’anglais et l’allemand car ils s’agit d’un couple de migrants en France. vous avez reconnu le cas n°2 !

Voici une transcription in extenso du dialogue.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Je m’intéresse au bilinguisme dans votre famille.

Nikola : En fait, il s’agit de bien plus que de bilinguisme, même de quadrilinguisme. Mon mari est allemand et il parle allemand. Je suis britannique et je parle anglais mais j’ai également l’espéranto comme langue maternelle. En fait, j’ai toujours parlé espéranto à mon père. Et je parle durant la semaine à mon mari en espéranto et anglais aux enfants. Mon mari parle également espéranto aux enfants durant la semaine, et le week-end, nous parlons tous allemand pour qu’ils ne le perdent pas car nous habitons en France.
Les enfants vont dans une école française des plus normale, donc ils doivent malheureusement (rires)… non pas malheureusement, ils ont également la chance d’apprendre le français.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Quelle est leur langue la plus forte ?

Nikola : Je dirais que pour mon fils qui a 6 ans et est arrivé à l’age de 2 ans en France, c’est le français. Après, cela doit être l’anglais, puis l’espéranto puis l’allemand. Pour ma fille, l’anglais et le français doivent être au même niveau puis derrière l’espéranto et l’allemand également de même niveau. Mais je pense que cela va évoluer.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Que faites vous pour protéger leur niveau d’allemand ?

Nikola : L’allemand, comme je l’ai dit, nous le parlons durant les week-ends. Tous ensembles. Nous n’utilisons que l’allemand sauf s’il vient un invité non germanophone. Et nous envoyons les enfants chez les grands-parents, qui ne parlent qu’allemand et où les enfants parlent plus volontiers allemand si nous même n’y sommes pas car ils savent que les grands-parents sont monolingues. Et je pense que c’est une raison qui fonctionne bien car nous avons beaucoup de monolingues dans notre environnement avec qui les enfants sont vraiment obligés d’utiliser une de leurs langues.
Par exemple, la famille de ma sœur ne parle qu’anglais, donc là-bas ils n’ont pas d’autre choix que de parler anglais. Chez les grands-parents, c’est l’allemand. Et quand nous sommes en milieu espérantophone, où c’est un mélange de toutes les nations, alors il y a vraiment besoin de l’espéranto pour parler aux hongrois, aux Croates etc. Et pour le français, ils en ont besoin à l’école dans tous les cas.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Dans quelle langue lisent-ils ?

Nikola : Ma fille a lu très jeune de manière autonome. A 4 ans, elle lisait déjà dans les 4 langues. Elle prenait un livre et le lisait, tout simplement. Nous lui lisions également bien sûr. Mais je ne l’ai pas fait lire ou ni ne lui ait appris à lire et en fait, j’avais prévu de la laisser apprendre à lire en français à l’école et ensuite peu à peu lui apprendre à lire dans les autres langues, mais d’elle-même elle s’y intéressait, prenait des livres dans les autres langues et arrivait à les lire. Avec mon fils, c’était plus long, il vient juste d’apprendre à lire en français à l’école et j’ai eu peur que cela soit tardif mais évidemment, c’est ma fille qui a lu trop tôt. Mon fils a un bon niveau en fait et il commence maintenant à s’intéresser à la lecture dans les autres langues. Mais il n’en est qu’au début.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Votre fille lit-elle facilement en allemand et en espéranto ?

Nikola : Oui.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : En allemand, je suppose que vous trouvez facilement des livres, mais en Espéranto ?

Nikola : J’ai divers livres pour enfants. J’achète si je trouve un nouveau livre qui est beau ou si je le vois dans le catalogue d’UEA ou sur internet. Mais, comment dire, du fait de la facilité de la lecture en espéranto, il n’y a pas besoin de beaucoup s’entrainer car c’est plus facile, plus logique de lire en espéranto qu’en anglais où il y a tant de manière d’écrire un son. En anglais, si on ne les voit pas assez souvent, c’est difficile de les mémoriser. Avec l’espéranto, on sait comment les prononcer et donc les lire. Donc il n’y a pas vraiment besoin de s’entrainer car c’est si simple à lire.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Avez vous remarqué une influence d’une langue sur l’autre ?

Nikola : Je ne sais pas si c’est de l’influence, mais c’est simple, quand il ne connaissent pas un mot, ils insèrent le mot français. Cela donne des phrases très intéressantes, comme quand je suis allé à Paris avec ma fille. Mon fils était tout chagrin : I am trop petit to go to Paris ? Quelquefois vis-à-vis de l’ordre des mots on remarque un peu plus. L’espéranto est suffisamment libre de ce point de vue, n’est-ce pas ? Il existe suffisamment de combinaisons possibles pour l’ordre des mots, et dans les autres langues…

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Est-ce que cela gène son niveau d’anglais ?

Nikola :…de mon fils ?

Cyrille, le praticien du bilinguisme : …oui.

Nikola : Je dois avouer que je me soucie pas ni ne m’inquiète spécialement à propos de leur niveau de langue. Peut-être parce que j’ai moi même grandit de manière trilingue et j’ai confiance que si on utilise assez la langue, qu’on l’entend assez, alors le niveau sera au rendez-vous. Je ne fais rien de spécial pour utiliser, je pense simplement que s’ils vivent la langue, cela les aidera à atteindre le niveau requis. Pour moi, c’est important de voir s’ils communiquent, s’ils sont compris par les monolingues et se comprennent sans difficultés.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Donc vous ne les corrigez pas ?

Nikola : Si j’entends des erreurs, je corrige. Je ne les oblige pas à répéter la forme correcte. Parfois, oui si j’entends la répétition de la même erreur. Mon fils utilisait régulièrement en anglais une préposition française et cela sonnait bizarrement. J’ai du intervenir pour donner la forme correcte. Mais ce n’est pas souvent. Quand je remarque, j’essaie de corriger.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Est-ce qu’il vous est arrivé de transmettre des formes erronées ?

Nikola : Peut-être mais un autre devrait remarquer que c’est faux car si j’en étais consciente, je ne les transmettrais pas !

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Mais si vous remarquiez après ?

Nikola : Justement, je n’ai pas remarqué, je sais que je ne fais pas trop attention à l’accusatif en espéranto, donc il est possible que mes enfants ne le maitrisent pas bien. Mais je n’ai pas conscience d’une erreur que je leur aurais transmise.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Est-ce que cela les gêne que vous leur parliez anglais en semaine et allemand le week-end ?

Nikola : (rires) Ce n’est pas gênant mais maintenant nous essayons de les convaincre de répondre en allemand. Par le passé, on parlait allemand et la langue de la réponse nous importait peu car j’avais peur de trop les presser, et que pour cette raison, ils n’aiment pas la langue. Je ne voulais pas les forcer à parler. Mais récemment, nous avons introduit un jeu de sorte que le samedi matin, c’est toujours le plus dur car c’est la transition, on dit

english no speak.

Et je ne comprend pas ce qu’ils disent. C’est english no speak. Et on a un système de coche quand l’un d’eux remarque que nous (les parents) n’avons pas parlé allemand, il gagne un point et à la fin du week-end, celui qui a le plus de point a gagné car cela prouve qu’ils ont fait attention. Donc on essaie de transformer cela en jeu, et parfois cela échoue. Il arrive que ma fille refuse qu’on l’oblige à parler une langue précise. Si nous avons des hôtes germanophones, alors il est tout à fait naturel pour elle de parler allemand, n’est-ce pas, de toutes façon avec les grands-parents c’est la seule solution. Je suis vraiment convaincue que c’est la meilleure manière de les convaincre qu’il faut parler cette langue. S’ils ne parlaient qu’avec nous, ils diraient
De toutes façon tu comprend le français, pourquoi donc parler une autre langue?.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Est-ce que vos enfants peuvent aller dans une école bilingue ou dans une école germanophone ?

Nikola : Aujourd’hui, ils vont dans une école française des plus normales. Elle n’est pas bilingue, c’est une simple école française et après ils auront la possibilité d’aller au collège où ils pourront prendre plusieurs cours ou cursus dans d’autres langues comme l’allemand, l’italien. Pour l’instant, durant une après midi ma fille va dans une école préparatoire à la section allemande de ce collège.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Avez-vous vu une différence depuis qu’elle va à ce cours en allemand ?

Nikola : …dans son niveau de langue ?…

Cyrille, le praticien du bilinguisme : …oui en allemand ?

Nikola :Ce ne sont que quelques heures l’après midi mais pour elle, c’est important d’avoir également des amis germanophones. Et c’est certainement positif, n’est-ce pas. Elle communique avec des enfants de son âge en allemand, et son niveau est bon même je ne peux pas dire s’il s’est amélioré pour cette raison. Au moins, elle écrit en allemand, ce que nous ne faisons pas à la maison où l’usage n’est qu’oral.

Cyrille, le praticien du bilinguisme : Et pour l’anglais ?

Nikola : Nous habitons près de Genève, et je ne voulais pas qu’elle aille dans une école internationale qui n’enseigne qu’en anglais. Pour nous, c’est important que les enfants s’intègrent dans le village et si on l’envoyait à une école en anglais, elle n’aurait jamais le même niveau en français alors qu’on vit en France ! Comment pourrait-elle se sentir chez elle ici ? Je n’aime pas cette idée que tu vis à part du pays où tu habites. Je préfère qu’elle ait des amis français même si dans la région, c’est très international et l’école du village doit avoir des enfants d’une dizaine de nationalités. Mais, c’est un milieu francophone et c’est ce que je voulais pour que les enfants s’y sentent chez eux.

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Ce que vous aviez en tête en arrivant :

  • avoir un enfant trilingue

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