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Communiquer est un jeu d’enfant

Posted by on 31 juillet 2012

 

Comment pousser l’enfant à communiquer coûte que coûte en dehors sa langue la plus forte voire au delà de ses langues maternelles ? Comment lui faire découvrir la difficulté de communiquer avec peu d’éléments ?

 

Communiquer avec presque rien développe la capacité à deviner le sens de la phrase à partir d’un seul mot et du contexte. Cela demande un peu plus d’imagination que la description parfaite de ce que l’on veut exprimer. C’est un processus d’approximation successives exactement comme l’a pratiqué le nourrisson. La différence est que nous les adultes, avons perdu la patience et nous ne nous contentons plus de si peu d’éléments. Nous avons éventuellement acquis la peur du ridicule ou la peur d’échouer. Pourtant, ce type de communication est un bon exercice de communication pure, de communication interculturelle au delà de la communication langagière. Et je reste persuadé que cet exercice renforce les capacités langagière même si l’on ne dit presque rien, ou rien de correct, à l’instant présent.

 

Il ne suffit pas de répéter plus fort pour se faire comprendre

 

Qui n’a jamais rencontré de monolingue à la conscience métalinguistique si pauvre qu’il ne comprend pas ce qu’on lui dit parce que l’accentuation est légèrement erronée ? Je me suis souvent dit que mon interlocuteur devrait faire un tour dans un environnement où il est le seul de son espèce et essayer de s’en sortir dans la langue des autres. Il comprendrait que nos quelques erreurs ne sont pas destinées à l’énerver ou le faire répéter plus fort. Quand on s’exprime dans une langue à laquelle on a consacré deux heures à partir d’un ouvrage dont le titre porte l’expression « tout de suite », le résultat est souvent loin des canons de la prononciation, mais on a fait un pas vers eux. J’estime mériter le respect dans ce cas.

 

Que vaut un bon accent ?

 

J’ai passé plusieurs semaines à parcourir la Turquie en bus, en taxi, en dolmuŝ, des taxis collectifs qui partent quand ils sont pleins, en bateau ou en tracteur. J’ai souvent eu soif, j’ai acheté de nombreuses bouteilles d’eau valant 100 000 lires avec des billets de 100 000 lires. On se dit que les prix sont parfois bien faits ! Dans les derniers jours à Istanbul, où tout est pourtant plus cher qu’ailleurs en Turquie, je me suis vu rendre 25 000 de monnaie. Mon accent avait tellement progressé que je pouvais désormais faire illusion sur une seule phrase, et cet accent avait un prix : ne plus payer 25 % de trop.

Comment transposer cette expérience d’adulte pour faire progresser l’enfant ?

 

Rien n’est plus motivant qu’une situation communicationnelle normale et non pas créée dans la salle de classe. Prenons un parc de jeu dans une ville d’Europe centrale comme Prague.

Image d'un tampon d'assainissement de Prague

DR : Prague, une ville d’art même sur les tampons d’assainissement

Sauf si c’est Budapest, les enfants parlant une langue slave devraient être en plus grand nombre. Plongez deux jeunes françaises débarrassées de leur sœur ainée, la puinée est désormais la plus grande, voilà déjà quelque chose d’inhabituel. Elles sont isolées des autres enfants avec qui elles ne peuvent pas converser. Elles ne parlent pas de langue slave. Proposez des jeux pour enfant inconnus et permettant de grimper, se balancer et sauter. Ajoutez deux jeunes du même âge qui aiment également grimper, se balancer et sauter qui ne parlent pas de langue slave. Elles sont également isolées au milieu des autres enfants.

 

Est-ce que l’isolement influe sur le désir de jouer ensemble ?

 

Peut-être est-ce plus facile d’aller vers les autres quand on n’est pas membre du groupe majoritaire. C’est une des explications du meilleur niveau en langues étrangères des peuples peu nombreux. Les françaises parlent français et espéranto couramment et savent compter en chinois. La plus âgée apprend l’allemand à l’école et parle quelques mots de japonais d’art martial. Les deux autres jeunes sont accompagnées par une dame japonaise qui parle français mais vit en Autriche. Sa fille est bilingue japonais-allemand. Son amie est française mais grandit en Australie avec une mère japonaise. Elle ne parle pas français. Les deux jeunes filles jouent en japonais entre elles.

Image d'une enfant dans un parc

DR: Des jeux d’enfants inhabituels

Résultat : Uniquement des enfants bilingues qui parlent 5 langues mais n’ont pas de langue commune hormis quelques mots de japonais ou quelques phrases d’allemand. Les enfants s’en accommodent plus ou moins mais font appel aux adultes pour leurs besoins plus élaborés. J’ai rarement vu des adultes en difficulté de communication rechercher spontanément un interprète dans leur entourage, quand bien même j’étais à côté et j’aurais pu aider. Les jeunes bilingues ne sont visiblement pas choqués et trouvent la personne adéquate très vite. Ils cherchent des solutions au lieu de parler plus fort.

 

Le besoin d’interprète

 

Pour remettre l’expérience sur les rails et la faire progresser, un interprète doit intervenir pour que la frustration ne surpasse pas le désir de communiquer. J’interprète donc de l’anglais vers l’espéranto pour les enfants et je converse avec la dame en français. Les enfants peuvent construire leurs jeux de manière plus élaborée et continuer à se débrouiller entre eux avec quelques mots. La plaisir est sauf, l’expérience est positive et encourage pour les prises de parole à l’avenir.

Une situation codifiée

 

Encouragé par ce succès avec quelques mots en allemand et en japonais, nous profitons de l’après midi pour aller plus loin dans une situation très classique, souvent rencontrée en cours de langue : Acheter quelque chose tout seul.

Nous sommes tranquillement attablés à une terrasse de Vyšehrad, un quartier très tranquille de Prague, à déguster une bière. Les filles ont vu un vendeur de glaces sur la place et souhaitent vivement en consommer tout de suite. Nous n’avons pas envie de bouger et mon épouse leur propose d’aller les acheter elle-mêmes. La glace vaut 25 couronnes, nous leur donnons un billet de 100 et pour instruction de rapporter la monnaie. Elles quittent immédiatement la terrasse et disparaissent au coin de la rue. Le serveur nous regarde bizarrement et montre son étonnement. Comment deux enfants de 10 et 6 ans vont se débrouiller pour communiquer en tchèque ? Même si la transaction est simple, elles ne savent pas compter au delà de 4 dans cette langue. Après quelques minutes, elles reviennent, toutes fières, munies de leur glace et rapportent 50 couronnes de monnaie.

 

Devanture glacier

DR: Acheter une glace à l’étranger

Nous ne saurons jamais comment elles ont fait mais elles ont communiqué avec presque rien.

Est-ce que nous avons exagéré et pris des risques inconsidérés ? Oseriez-vous laissez les enfants se déplacer seuls, hors de vue, dans une capitale étrangère ? Qu’en pensez-vous ?

 

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3 Responses to Communiquer est un jeu d’enfant

  1. Aurelie

    Bonjour Cyrille,
    Intéressant de voir comme les enfants s’accommodent de jouer ensemble, au-delà de la barrière de la langue et des mots. Ils cherchent des solutions pour capter l’attention des autres et jouer ensemble.

    Cela me fait beaucoup penser à la Langue des Signes : que ce soit, LSF (Français), LSB (Belge), ASL (Americain) … ces langues ont toutes de commun de traverser la barrière de la langue, il est facile d’échanger et de communiquer. Cela nécessite un petit temps d’adaptation de quelques jours pour capter les mots de l’une ou de l’autre langue. En l’espace de 2-3 jours, les enfants / personnes se comprennent !!

    En effet, avec certaines langues, communiquer est un jeu d’enfants 😉

    Peut-on dire que l’esperanto est une langue caméléon ?
    A bientôt,

    • cyrille, le praticien du bilinguisme

      Bonjour Aurélie,

      Culturellement, les enfants sont habitués à interagir avec des gens différents. La barrière de la langue n’existe pas pour eux mais il reste le fait que chacun est porteur de sa propre culture. C’est amusant de les voir s’organiser pour cuisiner ensemble. C’est un peu comme la cantine de l’ONU, il faut essayer de contenter tout le monde.

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