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Comment improviser une activité langagière pour le jeune bilingue ?

Posted by on 17 juillet 2012

Je viens de rentrer du travail et la situation est déjà difficile.

 Salut, comment ça va ? est ma première phrase à l’attention de mon épouse.

 Bof, la petite est de mauvaise humeur parce que je pars avec la grande et elle voudrait venir ce soir avec moi. Je ne peux pas l’emmener, je travaille. Si cela ne va pas, met lui un dessin animé.

La communication avec la petite ne passe pas. J’ai les yeux fatigués après une journée sur écran mais je ne veux pas réduire ce moment, où je suis seul avec elle, à une séance supplémentaire d’écran. Notre monde est envahi de médias. Cela suffit. Une soirée en tête à tête est au contraire une occasion rêvée pour une activité langagière dans la langue la plus faible, l’espéranto, celle que je personnifie dans notre foyer.

 

Dans une activité duelle entre père et fille, le processus communicationnel est plus simple. Autant en profiter pour stimuler l’apprentissage de savoirs nouveaux. Au contraire d’une activité collective, nous n’aurons personne d’autre pour utiliser, penser et revenir à la langue dominante. Si les sœurs étaient là, elles ne pourraient s’empêcher d’utiliser le français, quand bien même elles sont également bilingues.

 

Quelles activités proposer pour maximiser ce temps particulier ?

 

Si je propose quelque chose de connu, une activité qu’elle a déjà fait, elle va utiliser le vocabulaire qu’elle connaît déjà en français. Tout comme elle le fait quand elle produit des jeux avec ses poupées. Ces jeux sont relatifs à l’école et sont donc en français. Même si nous sommes seuls, l’enfant peut se créer une situation linguistique dans la langue qu’il a l’intention d’utiliser. On pourrait être tenté de lui interdire d’utiliser une langue à certains moments mais je déconseille fortement ces comportements normatifs. J’ai trop souffert de ce genre de situation pour savoir qu’elles sont extrêmement dangereuses du point de vue affectif. Si elle a envie d’utiliser le serbo-croate dans ses jeux, grand bien lui fasse. Je ne m’oppose pas même si je me demande où elle a pu apprendre les quelques phrases qu’elle connaît.

 

Que faire ce soir ?

 

Le travail sur l’activité langagière ne doit pas être envisagé de manière intellectuelle. Au contraire, il suffit de proposer une activité sportive. En associant des mouvements qui stimulent la coordination cerveau-muscles on détourne l’attention de l’enfant. Si l’activité sportive en question est nouvelle, l’enfant ne dispose pas encore du vocabulaire consacré pour cette activité. Sans interférences avec d’autres locuteurs, il est obligé d’activer ses processus cognitifs pour lier ces nouveaux savoirs à sa seconde langue maternelle. Il est prêt pour emmagasiner du vocabulaire nouveau.

Image de volants

Crédits photo : Arne Nordmann, el wikipedio

La petite est passionnée par les sports de raquette comme le badminton. A 6 ans, il est tout à fait normal qu’elle rate très souvent le volant mais elle est volontaire. Voilà l’activité adéquate pour ce soir. Elle n’y connait rien en français, nous pouvons aller sur un terrain très proche, la réalisation de l’activité n’est pas très chère et j’ai le matériel.

 

C’est parti pour une séance de « volanludo ». C’est un succès du point de vue linguistique car elle a vite compris le sens du mot volanludo, qui n’est pas le plus approprié en l’occurrence même s’il figure dans le lexique quadrilingue édité pour les jeux de Pékin. Elle a déduit que le truc qui vole pourrait s’appeler volano. Je préfère le désigner par « flugaĵo », qui signifie justement le truc qui vole, car « vol-ano » n’a pas vraiment de sens en soi. Elle n’a pas de problème pour s’amuser, j’ai quelques problèmes pour présenter ce sport avec un vocabulaire que je ne connais pas forcement moi même. Je ne suis peut être pas seul dans ce cas ! C’est une autre histoire dont je parlerai peut être un autre jour.

Pour équilibrer les compétences langagières dans les deux langues, il est souhaitable que ma fille ait l’occasion de jouer en français. Le plus tard sera le mieux car il faut du temps pour consolider un savoir si chèrement acquis. J’en ai ramassé des volants par terre !

 

Qui s’est déjà retrouvé dans une situation similaire ? Vos commentaires sont les bienvenus.

Mise à jour : Je continue à utiliser le badminton à des fins éducatives.

Image 3 principes pour rendre vos enfants bilingues et les peurs face au bilinguisme précoce

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6 Responses to Comment improviser une activité langagière pour le jeune bilingue ?

  1. Sinje

    Bonjour Cyrille,
    J’ai beaucoup apprécié lire votre description de comment amener un exercice de langage. C’est une super idée et simple à mettre en place, merci. Reproduire des exercices ‘comme à l’école’, ne fonctionne pas du tout -blocages…et même pour moi, je n’y prends pas plaisir à ‘enseigner’ la langue ‘faible’ de cette manière. Dernièrement nous avons jouer au mémory, jeu où ma dernière de 5 ans est très forte. La motivation est là et dire ce qu’on voit dans la langue ‘faible’, ou juste l’entendre dire est plus facilement accepté.
    Bonne journée
    Sinje

    • cyrille, le praticien du bilinguisme

      Bonjour Sinje,
      Le mémory est une très bonne activité à tous point de vue. Une version que j’apprécie beaucoup car elle ne comporte aucun mot, et peux donc servir à plusieurs langues, est « Der Plumpsack geht um »
      . Il nécessite de mémoriser la position de la carte et fait tourner plusieurs cartes par tour de jeu. Je fais prononcer le mot dans la langue cible à chaque carte tournée. C’est un jeu difficile pour ceux qui, comme moi, n’ont pas une mémoire visuelle. Il est moins cher en achetant la version allemande.
      Bon jeux.

      • Sinje

        Bonsoir Cyrille,
        Nous nous sommes fait offrir le jeu ‘der Plumpsack geht um’ et c’est un véritable succès dans nos deux langues ! Merci pour le tuyau !
        Au plaisir
        Sinje

        • cyrille, le praticien du bilinguisme

          Bonsoir Sinje,
          Cela me fait très plaisir qu’on ait pu vous aider. J’en profites pour indiquer un article du blog qui t’amusera peut-être concernant l’allemagne.
          Cyrille

  2. Sarmente

    Bonjour,
    Merci beaucoup pour les conseils que vous dispensez sur ce site, c’est très intéressant. J’aimerais vous exposer ma situation pour avoir votre avis.
    Le projet premier enfant est en route (je l’aurai « seule », par choix). Je suis Française bilingue espagnol, disons très bon niveau C1, n’ayant jamais pu séjourner dans le pays mais ayant beaucoup travaillé et vécu avec un hispanophone. Je vis et travaille maintenant avec mes frères, qui parlent français, mais j’ai bien l’intention de ne parler qu’en espagnol avec le petit nouveau. Je compte constituer un « stock » de comptines, chansons, livres d’enfant dans cette langue et je cherche actuellement, sur vos conseils, des lieux près de chez moi dédiés à l’espagnol, afin de multiplier les situations en langue minoritaire.
    Je m’y prends à l’avance, d’abord parce que je suis quelqu’un qui prévoit et ensuite parce que je veux être sûre de mener cet apprentissage du mieux que je peux, ayant pu constater par ailleurs que certaines « éducations » bilingues laissaient à désirer.
    Auriez-vous des conseils, suggestions, mises en garde ?
    Merci d’avance
    Sarmente

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