Bilan de l’année en classe bilingue


Bonjour et bienvenue dans cette vidéo durant laquelle nous allons vous montrer

Où nous vivons à Obernai, on va visiter l’envers du décor
et nous allons dresser le bilan de l’année écoulée (Une première année en classe bilingue français-allemand Abibac pour Amy)

Ce sera l’occasion de découvrir la ville d’Obernai et notamment les sentiers où les touristes ne passent pas, l’envers du décors, car je crois que le milieu influence beaucoup les gens, le milieu détermine ce que vous êtes. Vous aurez peut-être l’impression que nous avons de la chance de vivre ici, mais la chance est une compétence et c’est ce que vous allons vous démontrer durant ce petit voyage.

Nous habitons un peu en périphérie de la ville, et pour l’instant, il y a encore pas mal de circulation autour de nous, donc nous allons attendre d’être dans un coin un peu plus tranquille pour commencer vraiment ce bilan de l’année de seconde d’Amy en classes Abibac.

Là vous pouvez déjà voir qu’on est dans un environnement où l’on peut vivre à pied, ce qui était très important pour nous, car cela veut dire que nous sommes indépendants des voitures et depuis 4 mois, nous n’avons plus de voiture. L’an dernier, nous avons essayé de vivre totalement sans voiture mais cela nous coutait le double par rapport au fait d’en avoir une. Désormais, nous louons une voiture à temps plein et on s’en passe très très bien dans la plupart des cas.

Car la plupart des déplacements effectués par les français sont des déplacements de quelques km, chose que l’on peut faire à pied ou à vélo. On s’approche petit à petit de la ville et du faubourg, et dans quelques instants vous allez voir les ruines Saint-Jean. Un village était présent au moyen-age près de la ville et possédait sa propre chapelle. Aujourd’hui, le développement urbain a rattrapé les petits villages, ce qui vous prouve qu’à l’époque, l’environnement des humains était beaucoup plus restreint qu’il ne l’est aujourd’hui. Les gens se déplaçaient à pied. Les déplacements effectués devaient être d’une ampleur 10 fois inférieure. Certains vont travailler à 60 km de chez eux aujourd’hui, je pense qu’à l’époque, ils ne devaient pas être nombreux à travailler à plus de 6 km de chez eux.

Cette année tu as fait le choix de quitter ton lycée de secteur pour aller dans un lycée un peu plus loin. Désormais, les kilomètres, cela te dit quelque chose ?

Amy : Oui

Cyrille : Alors, qu’est-ce que cela donne ?

Amy : Je prends le train tous les jours pour aller dans une section spéciale qui est la section Abibac. C’est une section où l’on peut obtenir, à la fin du lycée, le bac français et aussi l’Abitur, l’équivalent du bac en Allemagne. Pour cela, nous avons 6 heures de littérature en allemand que n’ont pas les autres élèves normaux, ainsi que 4 heures d’histoire-géographie en allemand.

Cyrille : As-tu des cours de français à coté ?

Amy : Bien sûr. J’ai des cours normaux sauf pour l’allemand et l’histoire-géo.

Cyrille : Comment t’es-tu adapté à cet enseignement d’histoire-géo qui était nouveau pour toi.

Amy : l’histoire-géo était très compliquée au début puisqu’il y a plein de vocabulaire qu’on ne connaissait pas, enfin surtout moi, car les autres étaient en section bilingues au collège et avaient l’habitude d’avoir ce cours en allemand. D’abord il fallait apprendre tout le vocabulaire pour pouvoir continuer à s’exprimer, c’est ce qui m’a beaucoup bloqué au début. Pour cela, on nous a conseillé de faire un carnet de vocabulaire, on écrivait tous les mots nouveaux avec leur équivalent en français, et au fur à mesure qu’on utilise ces mots, on s’habitue et ils font partie du cours d’histoire et on les retient très facilement.

Cyrille : On s’interrompt un peu car nous approchons de l’entrée du faubourg. Nous allons prendre le petit sentier pour aller le long des remparts d’Obernai.

Cette année à parler d’histoire-géo en allemand t’a-t-elle permis de prendre la parole dans les premiers cours ?

Amy : Non, c’est ce qui m’a été reproché au début, tout simplement parce que n’arrivait plus à réfléchir avec tous ces termes qui m’étaient étrangers. Au fur et à mesure que j’ai pu me les approprier à l’écrit, cela allait mieux aussi à l’oral, j’ai pu m’exprimer et maintenant cela va beaucoup mieux. Je participe beaucoup plus.

Cyrille : C’est un cours particulier dans le sens où qu’on vous demande aussi des échanges. Finalement, qu’est-ce qu’on vous demande ?

Amy : On nous demande de partir en Allemagne car pour un élève qui va avoir son Abitur, le bac allemand, ce serait impossible de ne jamais être allé en Allemagne. Donc on doit faire au moins un échange ou un stage en entreprise en Allemagne pendant l’été ou pendant la semaine de stage qui est réservée au lycée. J’ai choisi de faire un échange car c’est beaucoup plus simple à trouver, on a juste à remplir un dossier. C’est l’académie de Strasbourg qui organise tout. J’ai une correspondante allemande qui est venue un mois chez moi et je vais aller un mois chez elle.

Cyrille : Une allemande durant un mois chez nous à Obernai, c’était du sport !

Qu’est-ce qu’elle avait de particulier ?

Amy : Elle s’est très facilement intégrée car elle était très sympa et allait facilement vers les autres. C’est très important si on va à l’étranger, dans un environnement nouveau, il faut être curieux, essayer de parler à tout le monde, et dans la vie aussi.

Cyrille : En fait, en utilisant l’office franco-allemand de la jeunesse (OFAJ), elle a réussi à trouver un sentier détourné qui lui a permis d’entrer en contact avec nous quand bien même nous n’étions pas les plus appropriés.

Ici le sentier a été refait et cela va faire plus de bruit. Nous sommes dans un sentier très peu fréquenté et nous sommes en train de longer le mur du rempart du faubourg.

On va tourner à droite pour prendre un autre petit sentier avant de revenir sur les vrais remparts d’Obernai.

Quand pars-tu en Allemagne ?

Amy : Je pars cet été tout le mois de juin puisque les cours se finissent très tôt cette année car les années supérieures passent les épreuves du baccalauréat. Je vais suivre les cours avec ma correspondante.

Cyrille : Cela fait une année très très courte pour vous !

Du point de vue scolaire, vous êtes l’essentiel du temps en stage, en Allemagne. Les cours classiques sont intensifs donc ?

Penses-tu qu’un mauvais élève arriverait à suivre ?

Amy : En Abibac il y a beaucoup plus de travail parce qu’il y a beaucoup de devoirs écrit pour la littérature allemande, donc dès le départ, il est dit que la filière Abibac n’est pas pour vous si vous avez des notes moyennes. C’est pour les élèves qui peuvent se permettre cela en plus. J’ai des argumentations à écrire à la maison que les autres n’ont pas à faire.

Cyrille : J’aimerais rassurer les familles qui ont peur par rapport à une telle aventure. Je ne suis pas capable de l’aider en allemand, mon épouse est française, donc finalement, on n’a pas la capacité à l’aider. Elle doit trouver elle-même les solutions.

Comment fais-tu quand tu dois trouver un œil germanophone pour relire ce que tu fais ?

Amy : Dans ma classe, j’ai une très bonne amie à moitié allemande, à moitié française, donc bilingue précoce français-allemand. Donc elle peut m’aider beaucoup quand j’ai un problème de vocabulaire ou de grammaire. Par contre elle ne peut pas m’expliquer les règles de grammaire car elle fait cela à l’instinct. C’est comme vous, vous ne pouvez pas expliquer pourquoi c’est « le » ou « la » en français ou autre chose qui vous semble tellement naturel. Donc pour les règles de grammaire, je suis mon cours et sinon je pose des questions au professeur.

Cyrille : Je fais un arrêt car on est sur les remparts d’Obernai, qui font 2,5 km tout autour de la ville.

C’est la fin de l’année et c’est le bilan.

Où va-t-ton ?

Amy : Nous allons à la salle des fêtes car c’est mon dernier spectacle de danse. C’était une semaine intensive car j’avais pas mal de répétitions et 4 spectacles de danse ce week-end.

Cyrille : Pourquoi 4 spectacles de danse ?

Amy : Pour qu’il y ait assez de place pour chaque parent et aussi, si on monte un spectacle, autant le faire plusieurs fois.

Cyrille : Est-ce qu’il n’y avait que des parents dans les spectateurs ?

Amy : En général ce sont les familles qui viennent. Les parents, les enfants et les amis mais cette année c’était un peu spécial car on a invité les écoles à venir le vendredi après-midi. Surtout des classes de CP et CE1. C’est un peu bizarre d’avoir un public aussi jeune parce qu’ils réagissent pas du tout de la même manière qu’un public normal.

Cyrille : C’est de la danse classique.

Amy : Pour les enfants c’est un peu surprenant. Les réactions aussi sont surprenantes.

Cyrille : Donc vous avez fait un spectacle vendredi et dansé sur pointes, vous avez refait un spectacle vendredi soir et dansé sur pointes, vous avez fait un spectacle samedi et dansé sur pointes, on est dimanche et vous attaquez un 4ème spectacle.

Comment te sens-tu ?

Amy : J’ai des courbatures, c’est normal mais comme on a beaucoup travaillé toute la semaine, on commence à s’y habituer. Et puis j’ai pris, pas des dopants, mais de l’arnica et d’autres produits pour la récupération musculaire.

Cyrille : Comme quoi ? Cela va vous intéresser de savoir comment on peut encaisser un rythme important, comment booster le corps tout en restant hors du dopage, ce n’est pas le style de la maison. Mais nous sommes toujours en train de chercher les moyens d’obtenir les meilleures performances.

Amy : J’ai pris des compléments alimentaires d’Usana qui permettent de nourrir les muscles pour récupérer plus facilement et préserver les articulations.

Cyrille : Les articulations sont importantes quand on danse ?

Amy : Très importantes car tout se fait à partir des genoux et c’est cela qui fait que le mouvement est fluide et beau.

Cyrille : Nous arrivons maintenant à la rue de Sélestat où nous sommes à l’entrée de la ville. Les portes qui protégeaient la ville ont été détruites car cela commençait à gêner le commerce. Aujourd’hui, il ne nous reste plus de portes mais nous avons de beaux remparts. On s’approche de la salle des fêtes d’Obernai.

Donc une année comment finalement ?

Amy : Très difficile au début mais on s’y habitue, c’est comme tout.

C’est un rythme à prendre mais une fois qu’on a l’habitude, cela va mieux. On continue tous les jours.

Cyrille : Tu passes facilement du français à l’allemand et inversement ?

Amy : Comme j’ai pas mal de cours en allemand et c’est très régulier, cela va. Si je devais commencer à parler dans la vie quotidienne, ce serait un peu plus difficile, mais quand il s’agit de phrases de cours, j’ai le temps de les formuler dans ma tête avant de lever la main.

Cyrille : Qu’est-ce que cela donne par rapport à l’usage de l’espéranto au quotidien, avec les 2 autres langues ?

Amy : C’est bien séparé, je ne mélange pas trop. J’ai l’allemand pour les cours d’allemand, le français pour le reste, l’espéranto à la maison ou quand on a des invités, je ne mélange pas trop. C’est plus quand j’ai une correspondante qui parle à la fois espéranto et allemand. Dans ce cas là, je commence à mélanger puisque cela sort des cases habituelles.

Cyrille : Cet été un défi t’attend ?

Amy : Je vais un mois en Allemagne, je vais parler allemand à temps plein. Ensuite j’aimerais aller à Londres pour améliorer mon anglais. Mais je me suis déjà rendu compte l’été dernier que l’allemand et l’anglais ne font pas bon ménage ensemble, je confonds facilement les 2. Enchainer l’Allemagne et l’Angleterre, je pense que je vais avoir besoin de quelques jours pour m’habituer.

Cyrille : Et en rentrant d’Angleterre ?

Amy : Je fais le guide touristique, à Boulogne sur mer en espéranto, pour le congrès mondial d’espéranto.

Cyrille : Et après, retour en Allemagne pour le congrès mondial jeunes (IJK).

On est arrivés. Nous sommes à la salle des fêtes. Je vais la laisser s’échauffer.

Vous l’avez compris, nous sommes à Obernai parce que nous l’avons choisi. Nous avons choisi de vivre dans cet environnement parce que nous pouvons vivre à pied, le marché immobilier était intéressant et ne baissera jamais et c’est peut-être la seule ville de France dont le journal municipal s’appelle « Entreprendre tous ensemble ». Parce que nous sommes dans une ville d’entrepreneurs.

Nous avons peut-être de la chance, mais la chance est une compétence et cela se provoque.

La chance dépendra de ce que vous faites des opportunités que vous rencontrez.

Donc c’était une bonne année 2015. A bientôt et à la prochaine.

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